‹ Kabyles et KroumirsChapitre 87 sur 159 · LA FILLE DE L’AMIN · texte numérisé non relu

LA FILLE DE L’AMIN

de rubans de soie écarlate, et une calotte de paillon coquettement posée sur le coin de l'oreille lui donnait un petit air crâne des plus amusants. Je lui fis signe de venir près de nous, mais elle s'enfuit plus vite, et rentra dans la maison, suivie du regard attendri de lamin, son grand-père. Il nous dit que c'était un des huit enfants de son fils. Elle se nommait Ourida, la petite rose, et le nom s’adaptait parfaitement à sa charmante petite personne.

Nous visitèmes la ville, vrai labyrinthe où Thésée, aidé du fil d'Ariane, ne se fût jamais retrouvé; écheveau brouillé de ruelles étroites, enchevêtrées les unes dans les autres, serpentant à travers un amas confus de maisons uniformes de hauteur et d'aspect’. Les trois quartiers habités sont séparés par des remparts garnis de meurtrières, et la précaution n’est pas inutile, car très souvent il existe des germes d’hostilité entre les habitants des divers quartiers, et de même qu’une étincelle rallume un incendie, le plus futile prétexte, deux enfants qui se battent, ravive les animosités, et ils vident alors leurs querelles à coups de fusil.

La ville, perchée comme un nid d’aigle sur sa masse de granit, qui émerge d’un immense bassin volcanique en forme d’entonnoir, rattachée à la terre par cette étroite chaussée de rochers dont j'ai parlé, qui la fait ressembler au môle gigantesque d’un phare au bout d’une jetée, a un aspect vraiment fantastique. |

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