Ainsi le veut la vieille coutume berbère
Vu de la vallée, ce cône de roches, aux flancs duquel quelques sentiers abrupts ont été tracés, pour descendre soit à la plate-forme en surplomb où se tient le marché, soit à la rivière, qu'aucune végétation n’égaye, semble une de ces villes maudites que décrit Dante dans son Enfer.
Du haut des pitons de Boghni, au contraire, cet amas de maisons blanches couvertes en tuiles rouges, surmonté d’un minaret étincelant et de quelques arbres, frênes ou peupliers, a un aspect riant et gracieux. Puis la vue de l'immense vallée qui s’ouvre sous vos yeux est admirable par son étendue. Dans un lointain de quelques kilomètres et que de légères vapeurs qui flottent dans l’air semblent éloigner encore, s'élève de la vallée profonde le pays aride, difficile des Beni-Abbès.
Sur chaque mamelon, sur chaque plateau, on apercoit un village blanc entouré d’une palissade naturelle d'arbres et de haies. Ils sont en vue les uns des autres et semblent n'avoir envahi les crêtes que pour se mieux voir et se porter secours au besoin. Au loin, et au pied de l’Azrou-n’hour, immense pic qui dresse dans l’éther bleu sa masse rousse, souvent couronnée de neige, le village populeux d’Azrou s’étend sur une plate-forme d’un accès difficile.
Spectacle grandiose! l’œil se noie dans la contemplation de ces merveilles pour lesquelles l’homme a si peu fait, tandis que l'esprit, suivant sa rêverie, revoit,
par la puissance de l'imagination, les combats livrés