‹ Kant. Choix de textes avec étude du systeme philosophique et notices biographique et bibliographiqueChapitre 7 sur 38 · KA\T · texte numérisé non relu

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bilité de l'expérience en tant qu'elle repose sur les concepts a priori de l'entendement pur, nous devons tout d'abord présenter dans une table complète ce qui appartient à la fonction du jugement en général, et les différents moments que parcourt l'entendement lorsqu'il juge ; car les concepts de l'entendement pur leur seront parallèles, puisque ce sont simplement des concepts d'intuitions en général, en tant que les intuitions sont déterminées par rapport à l'un ou l'autre des moments du jugement en soi, déterminées par suite d'une façon nécessaire et universelle. Par là aussi les principes a priori de la possibilité de toute expérience comme connaissance empirique d'une valeur objective, se trouvent très exactement déterminés n'étant pas autre chose que des propositions qui subsument toute perception (conformément à certaines conditions universelles de l'intuition) sous ces concepts purs de l'entendement.

Table logique des jugements.

Selon la quantité. Selon la qualité. Selon la relation. Selon la modalité.

L'niversels. Aflîrniatits. Catégoriques. Problématiques.

Particuliers. Nc.yatifs. Hypothétiques. Assertoriques.

Singuliers. Intin.s. Disjonclils. .^podictHiues.

Table transcendentale des concepts d'entendement.

De

quantité.

De qualité.

De relation.

De modalité.

Unité Pluralité Totali

(la mesure), (la grandeur).

té (le tout).

Réalité.

Négation.

Limitation.

.Substance.

Cause.

Réciprocité.

Possibilité.

I^xistence.

Nécessité.

Table physique pure des principes universels

DE LA science DE LA NATURE.

Axiomes Anticipations Analogies Postulats

de rinluitiLin. de la perception. de l'expérience, de la pensée empirique

en général.

Si l'on veut saisir d'un seul coup tout ce qui précède, il doit se rappeler le lecteur qu'il s'agit ici non point de l'origine, mais du contenu de l'expérience. Le premier de ces deux problèmes ressortit à la psychologie empirique ; elle

ne pourrait jamais le traiter convenablement sans le second qui est du domaine la critique de la connaissance et en particulier de celle de l'entendement.

Si l'expérience se compose d'intuitions qui appartiennent à la sensibilité, et de jugements qui sont l'œuvre de l'entendement seul il s'en faut encore de beaucoup que les jugements tirés par l'entendement des seules intuitions sensibles soient des jugements d'expérience. Car ces premiers jugements ne feraient que lier les perceptions telles qu'elles sont données dans l'intuition sensible, les derniers au contraire doivent exprimer ce que contient l'expérience en général, et non la simple perception dont la valeur est purement subjective. Par conséquent, à l'intuition sensible et à la liaison logique de ses éléments, après que cette liaison a acquis par voie de comparaison une extension universelle, le jugement d'expérience a pour mission d'ajouter, dans un jugement, quelque chose qui détermine le jugement synthétique comme valable d'une façon nécessaire et par suite universelle, et ce quelque chose ne peut être que le concept qui représente l'intuition comme déterminée en elle-même par rapport à une forme de jugement et non à une autre, c'est-à-dire un concept de l'unité synthétique des intuitions, unité qui ne peut être représentée que par une fonction logique donnée des jugements.

Résumons-nous, l'affaire des sens est l'intuition, celle de l'entendement, la pensée. Mais penser, c'est unir des représentations en une conscience. Cette union est accidentelle et subjective, ou bien nécessaire ou objective suivant qu'elle se produit ou bien relativement au seul sujet, ou bien absolument objective. L'union des représentations en une conscience est le jugement. Penser, c'est donc exactement juger, ou rapporter des représentations à des jugements en général, de telle sorte que les jugements sont purement subjectifs, si les représentations ne sont rapportées qu'à une conscience dans un sujet et réunies en lui ou objectifs si elles sont réunies dans une conscience en général, c'est-à-dire d'une façon nécessaire. Les moments logiques de tous les jugements sont autant de façons possibles d'unir des représentations dans une conscience. Mais si ces moments eux-mêmes servent de concepts, ce sont des concepts de l'union nécessaire des représentations dans une conscience, ce sont des principes de jugements qui ont une

valeur objective. Cette union dans une conscience est ou bien analytique, par l'identité, ou bien synthétique, par la composition et l'additioai des représentations différentes les unes avec les autres. L'expérience consiste dans la liaison synthétique des phénomènes (perceptions) dans une conscience, en tant que cette liaison est nécessaire. Il faut donc regarder comme concepts de l'entendement pur, les concepts sous lesquels toutes les perceptions doivent être subsumées avant de pouvoir servir aux jugements d'expérience qui représentent l'unité synthétique des perceptions avec une valeur nécessaire et universelle.

Lorsque l'on considère des jugements simplement comme la condition de la liaison de représentations données dans une conscience, ce sont des règles. Ces règles, règles a priori en tant qu'elles représentent la liaison comme nécessaire, sont des principes en tant qu'il n'y en a pas de supérieures d'où elles soient dérivées. Et puisque, par rapport à la possibilité de toute expérience, si l'on y considère purement la forme de la pensée, les jugements d'expérience n'ont besoin d'aucune condition en dehors de celles qui soumettent les phénomènes, selon les différentes formes de leur intuition, à des concepts de l'entendement pur, concepts qui donnent au jugement empirique sa valeur objective ; ces principes sont bien les principes a priori de l'expérience possible.

Les principes de toute expérience possible sont en même temps des lois universelles de la nature qui peuvent être connues a priori. Et nous trouvons ainsi la solution du problème énoncé dans la seconde des questions qui nous occupent : Comment une physique pure est-elle possible ? En effet la forme systématique qu'une science exige est ici parfaitement réalisée, car ces conditions formelles de tous les jugements en général et par conséquent de toutes les règles en général que la logique prescrit, sont les seules possibles ; comme elles constituent un système logique, et que les concepts qui, fondés sur ces règles, contiennent les conditions a priori pour tous les jugements synthétiques et nécessaires constituent par là un système transcendental, les principes qui servent à subsumer sous ces concepts tous les phénomènes constituent un système physique, c'està-dire un système de la nature, qui précède toute connais-

sance empirique de la nature, qui la rend d'abord possible, et qui ainsi peut être proprement appelé la science universelle et pure de la nature.

{Pyolégomènes à toute niétaf^hysique future).

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