‹ Kant et la science moderne [microform]Chapitre 16 sur 35 · CH. III.— SÉCULARISATION DE LA SCIENCE · texte numérisé non relu

CH. III.— SÉCULARISATION DE LA SCIENCE

ceux-là ont été encore plus coupables qui se sont suspendus aux basques de son habit, c'est-à-dire qui ont aveuglément admis comme définitive sa théorie de la connaissance, et porté leurs spéculations jusque dans les régions les plus nébuleuses. Quel homme de sens aurait pu trouver du plaisir à les suivre? On aima mieux renoncer à toute métaphysique et à tout apriorisme et s'en tenir à la réalité tangible. 11 suffit d'avoir rappelé ceci en passant. Par ce qui précède on voit clairement qu'on a raison d'appehu* Kant le fondement scientifique proprement dit de cette sécularisation, qui aujourd'hui dévore jusqu'à la moelle le peuple allemand. Celui cpii, avec Kant, fait de Vcxpérience l'objet central de la méditation scientifKiue, celui qui soutient avec lui que dans rexpéri(Mice seule réside la vérité et que l'expérience humaine est purement sensible, celui-là a raison de n'accorder de valeur qu'aux revendications du inonde sensible (1). Il n'y

( 1 ) Telle a été ratliUnlc pralitiue de tous les représentants de la science moderne. Rien de plus drùle que les tentatives

a (iiie ce qui est réel, dont un homme sensé puisse tenir compte comme d'un facteur réel. Que m'importe un audelà suprasensible, dont je ne puis rien savoir, dont je puis tout au plus rêver par un besoin du cœur, s'il me plait?

qu'on a faites pour ceindre le front de ces saints de l'auréole du renoncement liéroï'iue au monde. Entre ces « Saints », Kant est « le \)\us saint ». Cela n'a pas empoché Reichardt (rcn faire dans ri'ranie (18l!2) le portrait suivant : « Kant était un « homme tout à fait sec de corps et d'àme.... In front élevé et (( serein, un nez mince, des yeux vifs et clairs, caractérisaient « avantageusement sa physionomie. Mais le bas du visai^e était « l'expression la plus complète d'une sensualité grossière, «pii u s'est montrée chez lui surabondamment surtout dans le boire <{ et le manger ».

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