‹ Kant et la science moderne [microform]Chapitre 18 sur 35 · CH. IV. — LA SCIENCE C( LIBRE · texte numérisé non relu

CH. IV. — LA SCIENCE C( LIBRE

Pareillement, on était convaincu cpie la destination et le bonheur de l'individu, comme de la société, consistent dans la vérité et l'estime qu'on en fait : d'où il suit qu'il n'est pas indiirérent pour l'Iiumanité que la vérité parmi elle soit falsifiée par étroitesse d'esprit ou par méchanceté. Tout au plus pouvait-on accorder à l'erreur, dans les cas où elle est inotïensive, l'autorisation négative d'être un mal inévitable. De même que, dans une demiobscurité, I(î voyageur tâtonnant cà et là arrive à grand ])eine au but, sans que pour cela il n'ait pas de but, de même à l'homme qui recherche la vérité, l'on peut bien crier le mot du i)Oète : ce Si tu n'erres pas, tu n'ail'ives pas à comprendre » ! mais ce n'est pas un motif pour que Verreur soit le vrai chemin de la vérité.

On ne se refusait pas d'ailleurs à reconnaître que, si l'homme réel est fait pour la vérité, il ne s'ensuit pas néanmoins qu'il soit une pure machine à penser. On prenait la connaissance humaine telle qu'elle se montre

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