‹ Kant et la science moderne [microform]Chapitre 21 sur 35 · CH. IV. — LA SCIENCE (( LIBRE )) P · texte numérisé non relu

CH. IV. — LA SCIENCE (( LIBRE )) P

des dogmes? à quoi l)onune révélation? Mais, s'il n'y a point de révélation, c'en est fait aussi de toute autorité en matière de foi, de toute influence extérieure sur l'homme à propos des vérités suprasensibles ; c'en est fait pour la jeunesse de toute éducation qui tient comple du suprasensible et de tout ce qui y ressemble ; tout cela, se sont des limitations injustifiées de la raison souveraine.

Nous retrouvons ici la conception qui se glisse partout comme le résultat même de la Criti(pie de la lîaison pure. Si toute connaissance d'une réalité extérieure nous est impossible, il va de soi que nous ne pourrons jamais arriver à la certitude sur l'existence de Dieu. Nous aurons plus tard à montrer comment,;'! lasuite des bouleversements introduits dans les idées par le Copernic de Kœnigsberg, rÉglise, le Christianisme, la Religion ont été mises au point de ne pouvoir opposer même le plus mince obstacle à la liberté elTrénée de la pensée humaine.

-^'>. — Par là même nous avons montré ce

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que nous voulions montrer. Si Kant a raison de soutenir (lue notre connaissance n'a rien à faire avec une réalité transcendante, c\*st-àdire située en dehors de l'acte cognitil', et si ro])jet de nos connaissances se règle sur nous, « la science est libre » au sens moderne ; il n'y a point de puissance qui ait le droit d'assigner des limit(*s à l'esprit humain, ([ui tait la vérité.

Mais si, en dehors de Thomme, il existe une réalité, j'entends une réalité suprasmisible, correspondant aux concepts universellement valables et partant suprasensibles, alors la science peut bien prétendn* à mm liberté (la liberté vis-à-vis de tous les ol)stacles) qui lui rend plus difficile la recherche et la compréhension de cette réalité, — à nue liberté que jamais un honnne de bon sens ne lui a contestée; mais alors il y a encore pour la science des limites justitiées. C'est cpi'elle poursuit un but déterminé, , de la possession duquel dépend le bonheur ou le malheur de millions d'hommes. La force puissante qui

en. IV. — LA SCIENCE (( LIBRE ))

réside dans la science est comme un fleuve qui nous emporte sur ses flots secourables et au terme duquel nous devons trouver le bonheur. Si Ton persiste à appeler liberté la destruction des limites protectrices, on transforme en une force qui renverse et arrache tout, la i)uissance qui aurait dû tourner à notre plus grand bien.

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