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CHAPITRE IX

LE CULTE NÉO-PAIEN DE L'HUMAiMTÉ.

CMAPITRK JX

LK CILTE NEO-PAIEX DE l'IIUMAMÏE.

[. — Le célèbre sceptique Montaigne raconte (lue son père, témoin des commencements de la lléforme au \\V siècle, avait dit: « Ce commencement de maladie dégénérera en un atliéisme abominable » (1). Aujourd'hui, c'est un fait accompli. Tandis qu'autrefois on jegardait Dieu comme le soleil central, autour duquel tout se mouvait, aujourd'hui Ton est convaincu que ce produit de notre planète, qui s'appelle l'homme, trône au centre de

(I) Essais, H, 12.

eu. IX. — CULTE NÉO-PAIEN DE LTILMANITÉ 239

Tunivers. L'homme qui, plus que tout uutre, cl, par son activité scientili(iue et l'atlitucle cauteleuse qu'il a prise vis-à-vis du Clulslianisme, présidé à ce développement, c'est Emmanuel Kanl.

Que notre temps, dans les éléments principaux de son développement, soit anlichrétien et même absolument païen, c'est ce (pii n'a nul besoin d'être prouvé. Les l'eprésenlants les plus en renom de la science moderne, devenus cliefs de cliœui' non par leur j)ropi'e savoir-faire, mais portés par les Ilots mêmes du torrent, sont des adversaires déclarés du christianisme posifif. Les ccsavanis», sous la bannière de Strauss, ont déserté eu niasse le terrain du Christianisme et ne voient j)lus dans le Christ un Dieu, mais un rêveur maladif, ou même seulement un mythe. Pour d'autres, la divinité du Christ ne consiste que dans ses qualités extraordinaires de cœur et d'esprit. Ces derniers veulent être encore appelés chrétiens. C'est à eux que s'applique le mot aussi dui" que vrai de Proudhon : (( il n'y a que des

« tapageurs germaniques qui puissent se dire « chrétiens en niant la divinité du Christ ». Pareillement, beaucoup de ceux qui, outre le nom, gardent encore de certains rapports extérieurs avec PLglise chrétienne, admettent des principes absolument inconciliables avec l'essence du Christianisme. C'est à ce groupe qu'appartiennent en masse les déisteset panthéistes, parmi les théologiens proteslants, puis lesadol'ateurs de l'État, j'eutends tous ceux qui réclament cette obéissance sans conditions aux lois de l'Étal, qui n'est due qu'à Dieu, et qui, par suite, subordonnent la religion à l'Etat et reconnaissent à ce dernier le droit d'élever la jeunesse pour ses fins à lui, c'est-à-dire les tins terrestres. H v a encore les indiiïércnts, pour qui toutes les religions se valent, parce qu'elles sont toutes également mauvaises, etc. Ces divers groupes ont plus ou moins versé dans le paganisme, qui se dresse au milieu de nous comme une gigantesque construction babylonienne.

Pour (c l'opinion publique » chez nous, l'Au-

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