Par là Kant a frappé de mort le Christianisme positif
Nulle |)art il ne se pose en ennemi déclaré du Christianisme. Au contraire, il assigne à la religion chrétienne le premier rang entre les autres « espèces de foi ». 11 n'y a pas, c'est l'oidnion de Kant, c< dillérentes religions, mais y difl'érentes espèces de foi à la révélation di- « vine et à ses doctrines statutaires, qui ne K( peuvent émaner de la liaison, c'est-à-dire (( dillérentes manières de nous re|)résenter « sensiblement la volonté divine, pour ((u'elle
l'KSUH. — KA>Ï. — 17.
« iiillue sur les caraclrres ; parmi ces Ibriiies, « le Clirislianisme est, à notre comiaimowe, « celle qui couvieul le mieux » (1). Ouaul à une révélation, au sens chrétien du mot, Kanl la repousse plusieurs l'ois et de la façon la ])lus énergique. Il dislingue « des lois purement uiorales ^\ qui forment proprement la religion, et ce des lois statutaires », c'est-àdire telles qu'on peut les concevoir pour faciliter raccomplissemeut du devoir. Tant, en elïet, que les hommes ne sont pas assez forts, ils ne peuvent pas encore fondei* sur la seule foi rationnelle mu; société ecclésiasli(jue, et sont portés à admettre que c'est JJicu (]ui a fondé l'Eglise. Ainsi naît la croyance historique à la révélation. Ce n'est (pfau |)oinl de vue de l'Eglise, dont il peut y avoir diverses foi'mes également bomies, qu'il peut y avoir des sUanh, c'est-à-dire des ordonnances tenues pour divines, les<picll('s, jioui' l'appréciation l)urenient morale de nos actes, sont arbitraires
en. IX. ~ CULTE NÉO-PAIEN DE L'UUMAMTÉ 259
et contingentes. (( Cousidérer cette foi statuce faire comme essentielle pour le culte dicc vin et en faire la condition sans la(pielle « l'homme ne saurait plaire à Dieu, c'est une ce illusion religieuse». Il ne faut pas trouver étrangi» que ces vues, qui abondent dans les Essais c( sur la lleligion dans les limites de la liaison », aient mis Kanl aux i)i*ises avec les théologiens orthodoxes de Kœnigsberg et même qu'il ait ('té dénoncé en 179i, au lloi de Pj'usse comme ennemi de l'Évangile (I).
(I) Kant (raitc toute /« Coiistibdioii de riujiise comme un mal provisoirement encore né'cessaire, mais qu'il faut travailler à détruire le plus tôt possible. Quant au passage insensible de la foi ecclésiastique à la domination universelle de la lîeligion, de la raison pure, il le caractérise en disant que c'est Vopproche de plus en plus désirée du Hoyaunie de Dieu. La fondation de l'Église est l'œuvre des hommes, lue Église ne peut être vraie (ju'autant qu'elle renferme le pi incipe en vertu duquel elle peut sans cesse se rapprocher de la foi rationnelle, et se dépouiller, avec le temps, de la foi ccclésiasti(jue. Si les «( employés » de l'Éi^lisc perdent cela de vue pour s'appuyer au contraire sur la foi ecclésiastique et les statuts, alors apparaît le faux culte, la dominai ion du clergé. Haut pense (jue la religion ratiomudle seule peut servir de renq)art à l'État contre l'Égli.se chrétienne: « Là où, dit-il, les statuts de la foi sont K mis au nombre des lois constitutionnelles, règne un clergé
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KANT ET LA SCIENCL: MUUEUNE