‹ Kant et la science moderne [microform]Chapitre 6 sur 35 · CH. H. — COMM. KANT A ACCOMPLI SA TACHE · texte numérisé non relu

CH. H. — COMM. KANT A ACCOMPLI SA TACHE

prendre. On n'entend bien les penseurs qui ont eu de l'influence, qu'en prenant en considération le siècle où ils ont vécu.

L'antique explication traditionnelle, que nous venons de rappeler, était devenue conplètement étrangère au siècle de Kant. Par contre, le préjugé que la science ne peut rien savoir de Dieu dans le monde ni d'une àme spirituelle dans Thounne, régnait déjà dans les milieux scientifiques élevés. L'esprit humain pouvait alors se laisser aller à toute absurdité ( et aujourdlnii ce n'est pas bien durèrent ) ; mais malheur à lui, s'il arrive à être contraint scientifiquement d'admettre l'existence de ces deux fadeurs suprasensibles ! L'opinion publique avait baptisé ce préjugé du nom iVénutncipatioa ( Aufkherung ), aujoui'd'hui la pemce moderne, et tous par vanité acceptaient cette dure tyrannie. Par là même, tout penseur étant esclave du siècle, la voie vers la solution traditionnelle était

coupée.

Pour bien apprécier Kant, il faudrait encore

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remarquer que le nouveau Copernic était né en })lein jjrotestioilisme. Le courant produit par ie protestantisme avait, dans la lutte contre le catholicisme, ébranlé toute considération pour la réalité objective et, par contie, renforcé Testime pour le moi subjectif. De là, puv sv\ik% s'éti\it vépivudue celte opvuiou, (jue l'homme connaissant ne trouve pas devant lui une réalité objectivement valable, unis la fabrique en la tirant de lui-mémc^ « A l'épocc que de Kant», remarque Lange, a Topinion « que la connaissance du monde dépend « de nos organes, était partout dans Tair. (( D'Alembert doutait résolument ({ue nous c( puissions connaître de véritables objets ; (( Lichtenberg déclare que la connaissance « d'objels extérieurs est un terme contradic- (c toire ; qu'il est impossible à Thomme do « sortir de lui-même ; que, lorsque nous « croyons voir des objets, c'est simplement (( nous-mêmes que nous voyons ; que nous (( ne pouvons proprement rien savoir d'au- « cune cliose dans le monde, sinon de nous-

cn. II.

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