‹ Kant et la science moderneChapitre 11 sur 29 · CH. III. — LA SLCULARIS. DE LA SCIENCE · texte numérisé non relu

CH. III. — LA SLCULARIS. DE LA SCIENCE

« sur les fins dernières, où tous les efforts de c( noti'e raison doivent enfin converger. Le c( monde a-t-il eu un commencement et est-il « limité dans l'espace? mon moi pensant pos- « sède-t-il une unité indivisible et indestruc- « tible, ou n'y a-t-il rien que de composé et (( de périssable ? suis-je libre dans mes actes, « ou, comme les autres êtres, conduit par le « fil de la nature et du destin ? y a-t-il enfin « une cause supérieure du monde, ou les cho- « ses et leur ordonnance composent-elles l'ob- « jet dernier, auquel toutes nos méditations (( doivent s'arrêter »? — Voilà les questions pour la solution desquelles le mathématicien « donnerait toute sa science, car cette science, « par rapport aux fins supérieures de l'huer manité, à celles qui lui tiennent le plus au « cœur, ne lui procure pas de satisfaction, « etc. (1) ». Quand on se montre à ce point convaincu de la grandeur et de l'étendue du monde idéal, on est tout prêt d'assigner pour

(1) Critique de la Raison pure (cdit. Rosenkranz. p. 368).

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tâche à la philosophie transcendeiitale la solution de cette question : Que dois-je penser de Celui que je suis dans lanéœssité de reconnaître au dessus de V expérience sensible comme réellement existant? Au lieu de cela, Kant parle « de l'abîme sans fond de la métaphysique, « d'un océan ténébreux sans rivage et sans « phare, d'un champ de bataille où se livrent « des luttes sans fln » ; il accuse la métaphysique d'être (de mirage de la science y>. Quoique l'attitude négative de Kant vis-à-vis de la métaphysique ne doive peut-être pas être serrée de trop près dans ses manifestations, néanmoins elle n'en éclate que plus nettement dans sa philosophie. En effet, il absorbe toute la philosophie dans l'explication de l'expérience ; c'est déjà reconnaître d'avance à l'expérience la place injustifiée qu'elle occupe. Ce défaut de tactique, si l'on peut ainsi l'appeler, mériterait à peine par là même une mention spéciale, s'il ne faisait bien comprendre l'étroite parenté qui existe au fond entre la pensée de Kant et l'empirisme.

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