Par là même nous avons montré ce
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que nous voulions montrer. Si Kant a raison de soutenir que notre connaissance n'a rien à faire avec une réalité transcendante, c'est-àdire située en dehors de l'acte cognitif, et si l'objet de nos connaissances se règle sur nous, « la science est liJDre » au sens moderne ; il n'y a point de puissance qui ait le droit d'assigner des limites à l'esprit humain, qui lait la vérité.
Mais si, en dehors de l'homme, il existe nne réalité, j'entends une réalité suprasensible, correspondant aux concepts universellement valables et parlant suprasensibles, alors la science peut bien prétendre à une liberté (la liberté vis-à-vis de tous les obstacles) qui lui rend plus difficile la recherche et la compréhension de cette réalité, — à une liberté que jamais un homme de bon sens ne lui a contestée ; mais alors il y a encore pour la science des limites justifiées. C'est qu'elle poursuit un but déterminé, , de la possession duquel dépend le bonheur ou le malheur de millions d'hommes. La force puissante qui
cil. IV. — LA SCIENCE (( LIBRE » 131
réside dans la science est comme un fleuve qui nous emporte sur ses flots secourables et au terme duquel nous devons trouver le bonheur. Si l'on persiste à appeler liberté la destruction des limites protectrices, on transforme en une force qui renverse et arraclie tout, la puissance qui aurait dû tourner à notre plus grand bien.