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« qui consiste précisément dans Vapriorité (h « mire nature». Et, demande-t-il, « d'où l'ex- « périence même tirerait-elle sa certitude, si « toutes les règles d'après lesquelles elle se « développe, étaient toujours empiriques et (( par suite contingentes »? Cette expression choisie par Kant, source de connaissance, doii sans doute être résolument écartée, parcequ'elle implique une erreur fondamentale (1); mais, en tant que le penseur de Kœnigsberg^ voulait dire par là qu'il doit exister une faculté supérieure de connaître^ sa conclusion est parfaitement juste j
Mais cette vérité, la philosophie traditionnelle du catholicisme ne la savait-elle pas. depuis longtemps, ne l'avait-elle pas enseignée? avec une entière énergie et mis tous ses soinsà lui donner un fondement scientifique ? Elle-
(1) La source propre pour les jugements premiers universels n'est nullement l'entendement, mais les concepts objectifs d'ôtre et de non être, du tout et de la partie, etc. ; c'est d'eux que découlent dans l'entendement la nécessité et l'universalitG de la vérité.
avait précisément lait consister l'explication prochaine (psychologique) de la connaissance, en ce que celle-ci ne procède pas en nous, comme dans l'animal, d'un principe purement sensible, mais bien d'un principe suprasensible qui, de ce qui est saisi par les sens, peut arriver à dégager et à concevoir l'existence pure, avec toutes ses lois universelles, telle qu'elle est en dehors de l'expérience sensible. Et l'explication dernière et profonde ( ontologique ), elle l'avait trouvée dans ce fait, que la pensée et l'existence sont l'une avec l'autre dans une harmonie préétablie par une cause unique, supérieure à l'une et à l'autre. Tel est V Apriorisme, qui n'a jamais cessé de briller, clair comme le soleil au firmament. Et Kant aurait été le premier à comprendre l'insuffisance de l'expérience sensible à expliquer la connaissance humaine !
4. — Et maintenant, pour comprendre comme il faut l'œuvre véritable du penseur de Kœnigsberg, il sera bon de faire attention à la manière dont il a été conduit à rendre-
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premiro. On n'culend bien les penseurs qui ont eu (le rinduence, qu'en prenant en cunsidération le siècle où ils ont vécu.
L'antique explication traditionnelle, que nous venons de rappeler, était devenue conplèlenicnt étrangère au siècle de Kant. Par contre, le préjugé que la science ne peut rien savoir de Dieu dans le monde ni d'une âme spii'iluelle dans riiomme, régnait déjà dans les milieux scientifiques élevés. L'esprit humain pouvait alors se laisser aller à toute absurdité ( et aujourd'hui ce n'est pas bien différent ) ; mais malheur à lui, s'il arrive à être contraint scientifiquement d'admettre l'existence de ces deux facteurs suprasensibles ! L'opinion publique avait baptisé ce préjugé du nom (['émancipation ( Aufkla?rung ), aujourd'hui la pensée moderne, et tous par vanité acceptaient cette dure tyrannie. Par la même, tout penseur étant esclave du siècle, la voie vers la solution traditionnelle était coupée.
Pour bien apprécier Kant, il faudrait encore
remarquer que le nouveau Coperii-ic était né en jilein protestantisme. Le courant produit par le protestantisme avait, dans la lutte contre le catholicisme, ébranlé toute considération pour la réalité objective et, par contre, renforcé l'estime pour le moi subjectif. De là, par suite, s'était répandue cette opinion, que l'homme connaissant ne trouve pas devant lui une réalité objectivement valable, mais la fabrique en la tirant de lui-même. « A l'épo- « que de Kant^), remarque Lange, ce l'opinion « que la connaissance du monde dépend « de nos organes, était partout dans l'air. « D'Alembert doutait résolument que nous « puissions connaître de véritables objets ; « Lichtenberg déclare que la connaissance « d'objets extérieurs est un terme contradic- « toire ; qu'il est impossible à l'homme de « sortir de lui-même ; que, lorsque nous « croyons voir des objets, c'est simplement « nous-mêmes que nous voyons ; que nous « ne pouvons proprement rien savoir d'au- « cune chose dans le monde, sinon de nous-