‹ Kant et la science moderneChapitre 6 sur 29 · CH. H. — COMM. KANT A ACCOMPLI SA TACHE · texte numérisé non relu

CH. H. — COMM. KANT A ACCOMPLI SA TACHE

(( mémos et les changements qui s'opèrent en « nous (l) y>. Dans ses Lettres (Dresde, 1752), Maupertuls avait, pour ainsi dire, fait du monde tout entier un phénomène subjectif de l'àme ; il parlait seulement « d'êtres incon- « nus qui excitent dans notre âme toutes les « perceptions », et qui néanmoins restent pleinement inconnus. Il ne manquait donc qu'un homme qui vint dire en termes nets et clairs : La vérité et la réalité sont le produit de notre activité mentale ; les choses eu soi sont de pures chimères ; nos concepts ne se règlent pas sur les objets, ce sont les objets qui se règlent sur nos concepts; en particulier, les objets de l'expérience ne sont que nos objets ; les choses n'existent qu'autant que nous nous en faisons l'idée ; en dehors de l'objectivité immanente au fait de la connaissance, il n'y a point d'autre objectivité, c'est de nous, et de nous seulement que procèdent la formation entière et le développement de nos connaissances.

(I) Histoire du matérialisme, ii, 411.

L'esprit de Kaiit est le silex, d'où l'esprit du siècle a fait jaillir cette étincelle, et c'est en cela que nous faisons consister l'œuvre du nouveau Copernic, qui a révolutionné l'univers.

Kant cherchant, surtout pour cette face de la connaissance humaine qui dépasse l'expjrience sensible, une explication, et croyant la trouver dans des conditions purement subjectives, toute la connaissance humaine prit une autre tournure; ce ne fut plus seulement l'interdit jeté sur la réalité extérieure à l'acte cognitif, ce fut encore la fahricction artificielle des représentations, et ici nous tenons la racine de l'errreur.

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