‹ Kant et la science moderneChapitre 9 sur 29 · L\ SECULARTSATION DE LA SCIENCE · texte numérisé non relu

L\ SECULARTSATION DE LA SCIENCE

1. — Pour bien voir comment le grand penseur de Kœnigsberg est réellement la base profonde de la science moderne, il faut remarquer que tous les traits qui caractérisent essentiellement la science moderne, ont leur origine dans la philosophie de Kant. Laissons pour le moment de côté la partie jjratiqiie ( morale, religion, etc. ) et opposons la science, telle que la conçoivent les modernes, à la science d'autrefois. Trois différences apparaissent aussitôt. En premier lieu, l'on ne reconnaît aujourd'hui à la science de valeur réelle

pour la vie qu'autant qu'elle s'attache à lai connaissance des phénomènes sensibles. En second lieu, la science tant qu'elle ne touche pas aux intérêts sensibles et temporels des hommes, revendique comme son principe essentiel nne absolue liberté. En troisième lieu, elle révèle dans les individus un penchant à des constructions métaphysiques, qui est ai» plus haut point fécond et original.

Commençons par le premier caractère. Nous disons que la science moderne n^accorde de valeur réelle qu'aux phénomènes du monde sensible; elle est totalement sécularisée.

Autrefois la science s'occupait des choses qui, par le moyen des phénomènes et des impressions sensibles^, se révèlent comme véritablement existantes et s'efTorçait de les expliquer par ses propres principes d'une façon intelligible. Elle avait foi dans la puissance de l'intelligence humaine. Tout ce que la pensée humaine, avec une pleine conscience, avait toujours admis comme principe nécessaire pour l'explication des faits d'expérience, elle

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