‹ Kant [microform]Chapitre 119 sur 148 · P. lOG · texte numérisé non relu

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tout autre espèce », d'une force morale contre laquelle ne prévaudra aucune force naturelle. La guerre même (( a quelaue chose de sublime » , quand l'énergie d'un peuple grandit avec la gravité du péril. La religion est sublime quand elle n'éveille chez l'homme de conscience droite qu'une confiante admiration; c'est au contraire en dégrader la beauté que de trembler devant la colère divine et d'adorer la divinité le front dans la poussière ^

§ 3. — Déduction et dialectique du goût.

Tel est, sous la double forme qu'il comporte, le jugement esthétique. Mais, après la question de fait, se pose, comme dans la théorie de la connaissance et de la moralité, la question de droit : comment de pareils jugements sont-ils possibles? Problème particulièrement embarrassant, semble-t-il, en matière de goût, car il s'agit d'expliquer comment des jugements, qu'on vient de déclarer purement subjectifs, peuvent prétendre au caractère d'universahté et de nécessité. Ce problème rentre dans celui de la Critique en général. Car le jugement esthétique est synthétique, puisqu'il ajoute au concept d'un objet un prédicat qui n'appartient pas à l'ordre de la connaissance, à savoir le sentiment de plaisir ou de peine; et il est à priori, puisqu'il se pose comme universel et nécessaire. Le problème fondamental de l'esthétique peut donc s'énoncer en termes critiques : comment sont possibles,

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