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CRITIQUE DE LA FACULTE DE JUGER
Spiels der Empfindungen), qui comprend la musique, consiste à établir des rapports mathématiques entre les sons; on peut y rattacher, par analogie, l'art de combiner les couleurs [Farbenkunst), Tous ces arts concourent pour former fart dramatique et, en particulier, l'Opéra i. Quant au comique et au jeu, jeux de hasard ou jeux d'esprit, on peut sans doute les rattacher à Fart en tant qu'ils provoquent « un jeu libre et varié de sensations ». Mais ce jeu, fort utile au bon exercice des organes et à l'entretien de la bonne humeur, lient plutôt des « arts agréables » que des beaux-arts, dont il n'a pas la « dignité » et le « sérieux » ^,
B. Critique du jugement téléologique.
Le jugement esthétique n'exprime qu'une finalité subjective. Entre un objet naturellement beau et notre entendement, il nous semble saisir une harmonie ; mais ce jugement, ainsi qu'on vient de l'établir, ne concerne qu'une disposition tout intérieure, une relation subjective entre notre imagination et notre entendement. Le jugement téléologique, au contraire, énonce un accord réel entre certains détails de la nature; il affirme l'existence d'une finalité objective. Suivant la méthode ordinaire de la Critique, un double problème se pose : ques-
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tion défait et question de droit; il faut analyser, puis jus tifier le jugement téléologique.
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S 1. — Analytique du jugement tcléologique.
On pourrait être tenté de chercher le type de la finalité dans les figures mathématiques. Celles-ci, en effet, dans leur simplicité, engendrent une prodigieuse variété de démonstrations imprévues, et cette finalité est bien objective, en ce sens qu'elle ne réside pas seulement dans le jeu facile de certaines facultés, mais dans l'application des lois universelles et nécessaires de l'esprit. Mais les figures géométriques ne sont pas des objets naturels ; elles sont des constructions tracées par l'entendement dans la pure intuition de l'espace. Leur finalité est donc purement formelle et idéale K
Dans la nature même, il convient de mettre hors de cause les phénomènes dont l'apparente finalité se réduit à une pure relation d'utilité par rapport à l'homme ou «^ d'autres phénomènes. Sans doute les alluvions déposées par les fleuves le long de leur lit et à leur embouchure constituent des terrains fertiles et favorisent l'épanouissement d'une riche végétation. Mais il ne viendra à l'esprit de personne de prétendre que la végétation est la cause finale des alluvions, que la neige est destinée à protéger les semailles contre la gelée ou à rendre possible l'emploi des traîneaux. L'explication par la causalité