‹ Kant [microform]Chapitre 24 sur 148 · VI, p · texte numérisé non relu

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4. Cf. p. 17 et toute la 7""' Considération de la II" partie, Cosmogonie,

KANT

PERIODE ANTÉCRITIQUE.

Par deux fois déjà nous avons rencontré ce souci de soustraire la théodicée à l'insuffisance des arguments traditionnels. Mais il est visible qu'à mesure qu'il approfondit le problème, Kant se convainc de plus en plus de l'impuissance de la raison à le résoudre. Il se risque sans enthousiasme sur « le sombre océan, sans rives et sans phares » de la métaphysique et déclare que le temps lui a manqué pour faire disparaître de son livre les imperfections et les faiblesses qu'il ne se dissimule points Au reste, il se propose d'indiquer une méthode bien plutôt qu'une démonstration nouvelle', et la dissertation se termine sur cette déclaration résignée, qu'après tout, s'il est nécessaire de se convaincre de l'existence de Dieu, il ne l'est pas autant de la démo?Urer^,

Cependant Kant l'a essayé. Mais auparavant il achève la critique de la théologie rationnelle commencée dans la dissertation latine de 1755. Ce n'est plus seulement l'argument ontologique qui est abandonné, parce que la simple pensée de l'existence ne saurait ajouter l'existence réelle au concept purement logique de Dieu ; mais l'argument cosmologique et l'argument physicothéologique, tout vénérables qu'ils sont, sont à kur tour sacrifiés, et Kant entrevoit déjà qu'ils se ramènent à l'argument ontologique et s'effondrent avec lui. Nous n'in-

sistons pas sur cette démonstration que nous retrouverons à sa place définitive dans la critique de la raison pure^. Qu'il suffise ici de résumer l'argument qui, dans ce naufrage métaphysique, semblait offrir à Kant une planche de salut. L'argument ontologique avait pour point de départ ïe concept de l'être parfait, ens realissimum^ pour aboutir à l'existence nécessaire. Il faut, dit Kant, renverser l'argument et aller de l'idée de « quelque chose d'existant au concept de Dieu ». Or le possible, qui est donné avec la pensée même, suppose un être; car « si rien n'existe, rien n'est donné qui soit objet de pensée » ; il est donc impossible que rien n'existe ; le néant de l'être entraînerait le néant de tout possible ; il y adonc un être nécessaire, qui est Dieu ^ Et de cette nécessité il est facile de conclure à tous les attributs divins : unité, simplicité, immutabilité, éternité, etc. -.

Kant se vante d'avoir ainsi donné de l'existence de Dieu une démonstration « purement a priori » ^. Comment ne s'aperçut-il qu'il rouvrait toute grande la fenêtre à l'argument ontologique auquel il venait à grand bruit de fermer la porte? Comment lui échappa-t-il que le possible, comme il devait le reconnaître plus tard^ n'enferme pas plus la réalité de l'être nécessaire que le concept de perfection n'implique l'existence réelle?

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