‹ Kant [microform]Chapitre 50 sur 148 · Prolég., p · texte numérisé non relu

Prolég., p

2. Terme qu'il abandonna, dans les Prolég., pour celui d'idéalisme critique. Cf. la Note A à la. lin du volume.

cepts, et avec eux tous les principes, tout à priori qu'ils puissent être, se rapportent à des intuitions empiriques » ^ telle est la maxime que Kant s'évertue à répéter avec une insistance presque lassante. Les concepts mathématiques eux-mêmes n'échappent pas à cette loi, car, encore que les figures et les nombres soient des constructions à priori de notre esprit, ces notions ne prennent une signification à nos yeux qu'en s'appliquant à des objets sensibles. A plus forte raison la physique n'estelle possible qu'autant qu'elle renonce à toute attache avec cette espèce de métaphysique ambitieuse qui, sous le nom d'ontologie, prétend atteindre, par les seules forces de la raison, les substances et les causes en soi. Il n'y a de science objective que de la nature, c'est-à-dire des phénomènes et de leurs lois.

Cependant, le fait même de désigner certains objets sous le nom de phénomènes, implique que nous distinguons la manière dont ils nous apparaissent de leur nature en soi. Cette nature en soi est donc, dans une certaine mesure, un objet de pensée, un être intelligible, un noumène (vosjxsvov).

Les noumènes peuvent-ils devenir objets de connaissance? Il n'est pas impossible qu'un entendement autrement constitué que le nôtre en ait l'intuition. Mais nous savons que l'intuition intelligible est refusée à notre entendement. Leur appliquerons-nous du moins les catéories? Non, car les catégories perdent toute signification

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objective en dehors de Tintuition sensible. Nous n'avons donc ni ne pouvons avoir un concept positif de la chose en soi; nous ne pouvons nous en faire qu'un concept négatif. Sans doute, un pareil concept n'est nullement contradictoire; il nous rend même le service de ruiner en nous tout espoir de nous élever à l'intuition intelligible ; c'est, à ce titre, un concept limitatif {Grenzbegriff) qui apporte à l'entendement une extension négative ^ Nous pouvons donc, en faisant abstraction de notre manière de /?e?r^i'o?V les objets, les concevoir comme des choses en soi; par delà le monde sensible, nous entrevoyons un monde intelligible dont nous ne pouvons affirmer qu'une chose , c'est qu'il diffère radicalement du monde sensible. Est-il en lui-môme possible ou impossible? C'est ce que nous ne pouvons déterminer, du moins tant que nous restons confinés dans l'ordre spéculatif. A la raison pratique reviendra le privilège de nous fournir un principe de détermination capable de dépasser les limites étroites du monde expérimental.

TIÏ. — DIALECTIQUE TRANSCEXDAXTALE.

« Nous venons de parcourir le pays de l'entendement pur et d'en examiner chaque région avec soin; bien plus, nous l'avons mesuré et nous avons assigné à chaque chose sa place. Mais ce pays est une île que la nature elle-même a renfermée dans des bornes immuables.

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