Poèmes de la troisième période : les Philosophes
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KANT
difficile, sans doute, mais qu'il est cependant possil>le à tout homme d'affronter. Car si la sainteté, qui serait l'adéquation parfaite de la volonté et de la loi, est, dans les conditions présentes de la vie, un idéal inaccessible, du moins l'effort est-il à la portée de toutes les volontés. L'homme vertueux ne se raidira pas dans l'attitude arrogante du stoïcien qui croit avoir réalisé l'idéal du sage, pas plus qu'il ne s'attendrira avec certains « romanciers ou éducateurs sentimentaux », sur l'excellence de sa nature sensible et de ses dispositions au bien. Il aura le « courage de la vertu » sans en avoir « l'orgueil chimérique » ni le « mysticisme » {Schirarmerei) i.
Au nombre des < romanciers ou éducateurs sentimentaux », Kant rangeait certainement Rousseau, et il n'est pas sans importance, au terme de cette analvse, de rechercher en quoi l'auteur de la Critique se sépare de celui à' Emile, pour lequel nous avons dit plus haut quelle sympathique admiration il professait -, Nous déterminerons du môme coup le sens précis de l'idée kantienne de loi morale.
Qu'on se reporte à la tirade célèbre du Vicaire savoyard : (( Conscience! Conscience! Instinct divin , immortelle et céleste voix, guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre, juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme semblable à Dieu! C'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralité de ses actions! » Presque tous ces termes, Kant aurait pu