‹ Kant [microform]Chapitre 84 sur 148 · V. Supra, p. 4G · texte numérisé non relu

V. Supra, p. 4G

les reprendre, car il admet aussi que l'homme, en consultant la voix intérieure, y trouve un guide infaillible, identique chez tous les êtres raisonnables ; que la loi vient de nous, et non du dehors; qu'elle établit enfin notre rovauté au sein de la nature sensible. Mais un mot, celui d'instinct, suffit à dénoncer l'opposition foncière des deux moralistes. Pour Rousseau, la loi morale est une donnée immédiate de la conscience empirique, une loi toute faite que la réflexion découvre en nous, comme elle y trouve, d'après les nativistes, la notion d'absolu ou le principe de causalité. D'après Kant, au contraire, « nous avons conscience de lois pratiques pures comme nous avons conscience de principes théoriques purs, en remarquant la nécessité avec laquelle la raison nous les impose et en faisant abstraction de toute condition empirique ^ » De même donc que la conscience empirique, dans l'ordre du savoir, ne saisit point immédiatement les principes de l'entendement, mais remonte de l'expérience aux principes, c'est-à-dire de la matière à la forme , de même , dans l'ordre moral, la conscience empirique saisit bien des jugements et des sentiments moraux dans l'expérience de la vie pratique, mais elle ne découvre la loi que par une analyse Iranscendantale des conditions à priori qui rendent ces jugements et ces sentiments possibles. La loi morale, sans doute, est donnée dans la conscience de tout être raisonnable ^ ; elle est un fait;

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