‹ Kant [microform]Chapitre 99 sur 148 · P. 20G-213 (lG · texte numérisé non relu

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MÉTAPHYSIQUE DES MOEURS

Sans doute la maxime générale : « Cultive les facultés de ton corps et de ton esprit de façon à les rendre propres à toutes les fins qui peuvent s'offrir à toi », exprime un devoir strict. Mais quelles seront ces fins particulières? Elles varieront selon les positions sociales, les circonstances. La perfection intérieure elle-même ne peut être l'objet que d'un commandement général. Car « qui peut se flatter de pénétrer avant dans les profondeurs de son propre cœur? » Qui peut juger du degré de perfection auquel il est arrivé ? Combiende vies extérieurement pures cachent au dedans une profonde médiocrité morale? De même, qui déterminera à priori les limites auxquelles doit s'étendre le sacrifice de mon bien-être au bonheur d'autrui? Dans les deux cas, l'obligation consiste simplement à travailler dans la mesure du possible à la réalisation de la loi. Quant au détail des cas moraux, il est affaire, non de science, mais de casuistique ; celle-ci s'ajoute à la science, comme les applications s'ajoutent aux théorèmes et résolvent les problèmes posés par l'expérience^, Ainsi la morale kantienne, malgré la simplicité et la rigueur de ses formules initiales, se pliera sans effort aux nécessités et à la diversité de la vie réelle; Kant lui-même, dans maint chapitre de la Doctrine de la vertu, nous apparaît comme un casuiste avisé, qui n'ignore rien des subtilités de la conscience et de la complexité des problèmes pratiques.

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