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PÉRIODE ANTÉCRITIQUE. 25
vaste. Newton lui semblait s'être arrêté à mi-chemin de la vérité ; car, s'il avait posé définitivement les principes constitutifs du système planétaire, il n'avait pas abordé le problème de l'origine du système. Faute d'apercevoir aucune cause matérielle au mouvement des planètes, il y croyait voir l'action immédiate de la main divine. Descartes avait entrevu une solution plus hardie; il se contentait de la « chiquenaude » première pour mettre en jeu les forces cosmiques, et en déduisait more geometrico l'explication des mouvements sidéraux, de la lumière, des vents, des marées i. Mais Descartes, averti par la condamnation de Galilée, n'avait osé publier de son vivant le Traité du Monde. Aussi bien, sa tentative échouait-elle précisément parce qu'il supposait « que Dieu n'avait mis aucune pesanteur en la matière » 2.
Compléter Newton, tout en évitant l'erreur de Descartes, telle est de très bonne heure l'ambition de Kant. Il lit Huyghens, Halley, le Discours de Maupertuis sur la Figure des Astres ^, les travaux de Wright de Durham, qu'il connaît en 1751'', et c'est sans doute dès 1753, à l'âge de trente ans, qu'il écrit V Histoire universelle de la Nature et théorie du Ciel'^, qu'Helmholtz n'a pas