‹ KantChapitre 69 sur 139 · Heinze, p · texte numérisé non relu

Heinze, p

2, Cf. Infra ; Postulats de la raison pratique. Constatons une fois pour toutes l'embarras dans lequel Kant se jette, et avec lui ses historiens, en séparant la métaphysique de la nature de celle de la liberté, alors que

L'àme est simple, non pas en tant qu'inétendue, mais parce que l'aperception du moi par la conscience est indivisible. De cette simplicité on ne saurait conclure qu'elle est immortelle, car une substance simple pourrait périr, à défaut de décomposition , par dégradation de ses qualités, et c'est encore la seule raison pratique qui postule cette immortalité. Cependant, dans l'un de ses cours, que l'on a des raisons de croire contemporain de la Critique de la faculté de juger ^ Kant reconnaît une grande force à l'argument de finalité : tout organe a une fin; comment les facultés mentales, qui n'ont que faire dans un monde matériel dont elles ne peuvent ébranler une parcelle, n'auraient-elles pas une destination conforme à leur tendance naturelle vers la perfection i?

Quant aux rapports de l'àme et du corps, on ne peut les concevoir comme un commerce [Gemeinschaft] de substances. Le corps n'est qu'un phénomène et l'âme même n'est pas une cause au sens physique du terme. Un tel problème ne peut être résolu par l'entendement, qui ne saurait admettre, dans le réseau des phénomènes déterminés, l'intrusion d'une causalité libre. La causalité exercée par l'âme sur le corps est purement « intelligible » ; la raison spéculative la conçoit, la raison

la seconde est, dans sa pensée, le vrai fondement de la première. Nous avons cru cependant devoir nous conformer au plan expressément tracé parKant. Notons que, dans ses Leçons, il mêle constamment les deux métaphysiques, comme il l'avait déjà fait dans la Dialectique transcendantale. 1. Heinze, p. G76.

pratique en affirme la réalité. Seule aussi, cette faculté nous fera entrevoir l'état probable de Fâme après la mort '.

En somme, le contenu dog-matique de la psychologie rationnelle est des plus minces. Kant n'avoue-t-il pas, dans les Leçons qui semblent les plus récentes, que cette partie de la métaphysique « ne sert à rien qu'à réfuter le matérialisme 2 »?

E. Cosmologie rationnelle. — Le concept d'univers (Welt) est celui d'une « totalité absolue des substances unies par un lien réel ». Cette totalité ne peut être que pensée; elle n'est l'objet d'aucune intuition.

Au point de vue phénoménal, il ne saurait y avoir qu'un seul univers, l'espace ne pouvant, dans son unité, admettre plusieurs totalités distinctes de substances. Mais le point de vue du noumène est différent : la raison conçoit fort bien qu'en dehors de l'espace plusieurs mondes coexistent^. Dans l'espace, les phénomènes sont nécessairement unis entre eux. En est-il de même des noumènes? Les choses en soi sont-elles isolées ou associées en un commerce intime? Kant rejette l'harmonie préétablie et l'occasionalisme, mais il reprend la thèse du commerce dérivé que nous avons rencontrée à plusieurs reprises dans les ouvrages de la période antécritique :

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