‹ Karamzin et Jean-Jacques RousseauChapitre 4 sur 15 · Le 2 juillet · texte numérisé non relu

Le 2 juillet

KARAMZIN F.T ROISSEM I5

critiques nous dépeif,'ncnt son auteur sous les plus a^'réables couleurs. Analysant Rousseau, Raramzin se révéla luimême en montrant des qualités exquises, une grande finesse et un style empreint de poésie. La critique de Raramzin n'est pas mordante, elle n'atteint pas l'homme, elle vise les utopies en enguirlandant son énoncé de gracieuses fieurs de rhétorique. Les deux amoureux de la nature restent unis dans les conceptions élevées, mais le littérateur russe envisage ditléremment leur réalisation. Karamzin, admirateur passionné de Rousseau en i7<S9, demeure son fervent admirateur en 1795. La terreur régnant en France l'émeut, lindigne contre les fauteurs de la tourmente révolutionnaire, mais ne détruit pas, tant elles sont profondes, les émotions admiratives éprouvées en Suisse et à Krmenon\illc. Sans doute l'ébranlement, les angoisses de cette l'Vance dont il a subi l'inlluencc et qu'il sait ensanglantée, lui dévoilent les rêves irréalisables et les utopies du philosophe. Rousseau, néanmoins, ce puissant charmeur, apparaissait toujours comme l'immortel Rousseau. Karamzin devenait judicieux tout en restant tidèle.

Maintenant faisons avec le littérateur russe son vovage en Suisse et en France. L'auteur des pages intitulées: A.'iïram;in à Oslajicvo. nous servira de bienseillant interprèle. C>elui qui écrivit les Lettres d'ioi l'oya^cur russe les nomme : Miroir démon àiiie pendant iS mois.

KARAMZIN EN SUISSE

Il visita en 1789 les endroits consacrés par la poésie de Jean-Jacques. Raramzin, dans une lettre de Lausanne, adressée à M"'*-' Pletchéïeirdont en i.Soi il devait épouser la sœur ', raconte qu'il est sorti de Lausanne à 5 heures du matin, ayant en mains la Nouvelle Héloïse de Rousseau. Il dit qu'il voulait contempler de ses propres yeux les beaux sites où l'immortel Rousseau a placé ses amoureux romantiques (Julie et Saint-Preux) =.

« Vous pouvez, dit-il, comprendre quels étaient mes sentiments après avoir visité ces lieux. \(jus qui sa\ez combien jaime Rousseau et avec quel plaisir je lisais avec vous son

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