‹ Karl, ou le Châtiment, drame en quatre actesChapitre 25 sur 41 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

ALMÉIDA , KARL, JUANA , puis FER- NANDO.

JUAM \ , à Alméida. Je viens de chez vous, mon père. Je craignais que Karl 11e put vous recevoir, et je ne voulais pas vsuu laisser seul tout-sWait.

IAAI.

alméida . Merci, tlona Juana, le comte se trouve mieux, et il a bien voulu perdre quelque instans avec moi.

juana. L'accueil que vousavez reçu dans ce château n'est pas celui que vous deviez attendre , je le sais. Mais la surprise où nous a jetés votre arrivée , l'évanouissement du comte nous ont troublés au point de nous faire tout oublier. J'espère que votre séjour ici nous laissera le teins de réparer nos torts.

alméida. Vous n’en avez aucun, Juana ; et je me trouverai trop bien accueilli, si vous m'avez gardé un peu de l'amitié que vous me portiez autrefois.

juana. Vous l'auriez trouvé la meme, s'il m’avait été possible hier de la laisser éclater; mais ce que vous nous avez raconté est si triste !... assassiné, mon Dieu ! et par qui ? don Alphonse n’avait pas d’eunemis.

alméida. On ne lui en connaissait pas, du moins.

karl, vivement. Juana, ne voyez-vous pas que vous renouvelez les douleurs d’un père par ces horribles souvenirs ?

alméida. Ils ne me quittent jamais , monsieur le comte.

KARL , à Juana. On ne lui connaissait pas d'ennemis, vous l'avez entendu ? mais qui peut lire dans lecœur de l’homme? qui sait ce qu'il renferme de pensées de trahison et de meurtre? amitié, dévouement, vains mots ! qui s'évanouissent devant l’intérét ou la passion.

juana. Ne parle pas ainsi , Karl , toi dout l’ame est si pure et si noble.

karl. Eh! cette pureté même, dont on fait tant de cas, à quoi tient-elle? au hasard. Il eût peut-être vécu sans reproche celui dont la vie est devenue une expiation, s’il n’avait pas compté sur des sermens de femme, si on lui avait gardé la foi jurée.

JUANA , à elle-même. Karl ! quel souvenir !

karl. Il s'absenta peut-être, on le trahit... crainte ou oubli, qu'importe!...

Mais comme il n’avait rien oublié lui , celle u’il aimaittoujours était devenue la femme e son ami , et il se trouva coupable , sans avoir rien fait pour l'être.

juana. Par pitié...!...

FERNANDO , entrant un fusil à la main.

Tout le monde ici !...

(Il fait un mouvement pour sortir.)

karl. Dévouement, amitié, vains mots, isa s-je tout à Fheure , faux semblans !...

au ais dû y comprendre l’amour, qui est n mensonge aussi.

juan a , pleurant. Karl ! mon Dieu !

FERNANDO. Des pleurs!... {S'avançant

rapidement entre Karl et Juana.) Monsieur le comte , qu’a donc ma mère?

juana , rivement. Rien , Fernando...

rien.

KARL , les yeux fines sur Fernando , et avec un mouvement convulsf Que tenezvous là?... un fusil!... Fernando!... Quel est ce fusil?...

Fernando. Je vousai désobéi, monsieur le comte. J’ai voulu m’essayer au tir qui avait lieu aujourd’hui.

karl. Répondez. Quel est ce fusil ? qui vous l’a donné ? où l’avez-vous pris ?

FERNANDO , timidement, indiquant V armoire. Là.

KARL. Là!... {Le lui arrachant.) Malheureux !... un fusil dans vos mains! et celui-là encore?

Fernando. Monsieur...

KARL , qui a jeté le fusil dans V armoire.

Ne savez-vous pas qu’il m’appartient ? que seul j’ai le doit d’y toucher ?... seul, entendez-vous? Ce n’était pas assez d’enfreindre mes ordres, il fallait y ajouter tout ce que la désobéissance a de plus cruel : il fallait me poursuivre jusqu’ici, me torturer. Songez-y, Fernando, je ne souffrirai pas qu’on se joue ainsi de mon repos... Ce fusil... que je ne le retrouve jamais en vos mains. .

Voilà le fruit de mon indulgence, de ma bonté... voilà comme vous m’avez toujours répondu.

FERNANDO. Souffrez...

karl. Laissez-moi.. oh ! laissez-moi , laissez-moi.

(Fernando sort ainsi qu'Almcula , qui n'a pas cessé d'observer Karl.)

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