‹ Karl, ou le Châtiment, drame en quatre actesChapitre 29 sur 41 · KARL, ALMÉIDA · texte numérisé non relu

KARL, ALMÉIDA

KARL , reculant. Vous , monsieur ? à cette heure!... que me voulez-vous? et pourquoi ces armes ?

ALMÉIDA, lui jetant une épée. Nous soinmes seuls , monsieur le comte. Défendezvous.

KARL. Me défendre! et pourquoi ?

ALMÉIDA. Parce que votre crime n'est plus un secret entre nous deux, et qu’il faut que vous tuiez le père , comme vous avez tué le fils.

KARL. Moi !...

ALMÉIDA. Allons ! votre attentat n’a pu rester caché : il ne doit pas rester impuni... défendez-vous !

karl. Mon Dieu! mon Dieu !

alméida. On peut venir, ètes-voas prêt?

karl. Me battre , moi ! contre un vieillard!

alméida. Ah! il lui reste encore assez de force pour tenir une épée... Prends donc et défends-toi.

KARL. Jamais! la puissance du mo-

ment peut entraîner la volonté. Quand votre épée s’approchera de mon seiu , il se pourrait que l’amour de la vie s’y ranimât... Je vous tuerais peut-être.

ALMÉIDA . Eh bien ! tue-moi.

KARL. Non... frappez plutôt.

alméida. Sans défense 1... ce n’est pas moi qui frappe ainsi.

KARL, avec fureur. Ce n’est pas vous!...

(Avec prières ) Monsieur! monsieur!...

alméida. Tu portes un nom honorable et tu es un lâche !

KARL

KARL , hors de lui. Qui a dit cela?

almeida. Lâche comme les assassins.

KARL, dans l'égarement , ramassant l' épée.

Malheureux!

ALMÉIDA , avec joie. Ali! enfin!...

KARL , brisant son épée. Non : que ma main soit maudite si elle tire cette épée.

ALMÉIDA. Eh bien! si tu ne veux pas risquer la vie, perds-la.

fD saisit sont pie dans scs deux mains comme un poignard.)

KARL, acre un rire conoulsif. Un assassinat , vous ! et ne voyez-vous pas que vous n’entendez rien à de telles actions? que vous ne pourrez l’accomplir avec ces armes!

La main de l'homme tremble au moment d’enfoncer le poignard dans le sein de son semblable ; la terreur glace son sang ; son bras reste sans force , et l’œuvre demeure imparfaite, \oulez-vous commettre plus

sûrement le meurtre ce n’est pas une

^pce c’est une arme à feu qu'il faut

prendre. Alors sans approcher du but, vous pouvez l’atteindre. La colère vous tranporte, vousarmez le fusil... mais la chance est incertaine ; le coup peut ne pas porter : si vous étiez sur du snccès, vous jetteriez loin de vous 1 arme fatale, alors le démon vous dit tout bas : l’atteindras-tu? Il entraîne la volonté chancelante ; la main tremble , le coup part , et la victime frappée de loin tombe et meurt.

alhéida. Alphonse! Alphonse!...

( Karl. Il savait tout et voulait se venger.

J’étais jaloux , moi, jaloux d’un bien qu’il m avait ravi. Je le rencontrai dans la forêt..... L'arme meunière était dans mes mains... Pour posséder Juana , je n’avais qu’à toucher le ressort fatal... Voyez!...

le feu brille... le plomb vole !...

almêida. Assassin! assassin!...

karl. Ah ! vous me connaissez Eh

hien ! il vaut mieux que tout soit dévoilé.. . Ee que jesavais seul, il me fallait l'enfouir dans mon sein... c’était un feu qui me dévorait. . . ( // respire librement. ) Maintenant la flamme a brisé ses entraves... elle s’est fait jour avec les paroles que j’ai prononcées... tout est consumé, mais tout est tranquille.

ALIU-.IDA... Mon fils!.., et je ne puis te venger !

SCÈNF VIII.

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