SCENE II
INESILLA , PACHITA , KARL , en costume de chasse , un fusil à la main.
INESILLA , qui s’est levée. Entrez, monsieur : vous êtes fatigué , n’est-ce pas ?
reposez-vous ici. Vousdevez avoir soif. Pachita, du vin, des fruits...
KAHL. [Il paraît tris-agité.) Merci; je ne m’arrêterai pas. Depuis peu de jours seulement au château d’Alméida , je ne connais pas les détours de cette forêt , et je m’ysuis perdu. N’avez-vous pas un guide à me donner jusqu’à la lisière du bois?
inesilla. Si monsieur voulait attendre un moment, il serait certainement rejoint par quelques-uns de ses compagnons de chasse.
kaul. Non, vous dis-je ; j’ai besoin d’un guide... dépêchez.
inesilla. Alors, je vais appeler mon fils Nunez qui connaît la forêt comme je connais mon jardin ; il vous conduira. (Appelant.) Nunez .. (A Karl.) C’est que, voyezvous , il fait sa sieste. . . il n’y manque jamais. (Appelant encore.) Nunez !
nunez, en dehors. Qu’est-ce qu’il y a?
inesilla. On te demande... on a besoin de toi... viens vite...
nunez, toujours du dehors . Bon !... bon !..
j’y vais...
inesilla , bas à Pachïta. Va lui dire de se dépêcher. (Pachita sort : Karl est assis sur un bras du fauteuil et reste lis en silence.) Monsieur n'est pas habitué à chasser ainsi toute une journée? Dain ! c’est fatigant ; il
s'est trouvé séparé des autres , et il vou «Irait retourner au château d’Alméida?
KARL. Non.
inesilla. A Grenade , alors?
KARL , préoccupé. Peut-être.
inesilla. C'est que, pour conduire monsieur , il est essentiel que nous sachions où il veut aller.
karl. Dites-inoi... la chasse a-t-elle passé de ce côté ?
inesill a. Pas encore , mais elle ne peut pas tarder.
K AnL. Et on s’arrêtera ici ?
inesilla. C’est probable.
KARL , à lui-même. Allons! je ne pourrai plus les quitter. Il faut que je m éloigne cependant... que je sorte de ce bois où toutes les pensées sont sinistres... (Ilaut.)\ otre (ils ne vient pas?
INESILLA. Le voilà. (Appelant.) Nunez !
Nunez!
karl, à lui-même. Dans un instant ils arriveront peut-être. (Haut en reprenant son fusil.) Ali ! vqtre fils tarde trop ; je ne puis attendre ; je n’ai besoin de personne. (Jetant une pièce d’or sur la table.) Voilà pour votre hospitalité... merci... merci...
(11 tort.)
INESILLA. Monsieur !... mais vous vous perdrez... Il est déjà loin ! (Regardant sur ta table.) Une pièce d’or! Voyez ce paresseux de Nunez : il en eût peut-être gagné deux comme ça. Mais non , il ne vient pas. . . Ah ! il faut absolument que je prenne un parti.