RE AN
Oh ! mon prince, que je suis heureux de me trouver seul avec vous!...
LE PRINCE
Et pourquoi cela?
EEAN.
Pour VOUS remercier de toutes vos bontés d'abord; puis, ensuite, pour vous présenter mes excuses. Vous êtes passé à mon hôtel, et l'on vous a dit que je n'y étais pas.
LE PRINCE
Tandis que tu y étais, hein?
KEAN
Oui... Mais des affaires de la plus haute importance...
LE PRINCE
Bah ! entre amis.,, est-ce qu'on se gène?
REAN.
Je vous arrête à ce mot, monseigneur : entre amis.
LE PRINCE
Crois-tu donc qu'il te compromette?
REAN.
Non, certes; mais je voudrais savoir si Votre Altesse laisse tomber ce mot du bout de ses lèvres... ou du fond du cœur.
LE PRINCE
Eh ! qu'ai-je donc fait pour avoir mérité que M. Rean me pose la question d'une manière si nette et si précise? ma bourse n'est-clle pas toujours à son service? mon palais ne lui est-il pas ouvert à toute heure? et, chaque jour, le peuple et les grands ne le voient-ils pas traverser les rues de Londres dans ma voiture et à mes côtés ?