SCÈNE VI REAN, puis ELENA
KEAN
Maintenant, Salomon, fais entrer, fais entrer vite! (Eiena entre.) C'est vous, Elena!... c'est vous!... Oh! vous êtes donc venue, au risque de tout ce qui pouvait vous arriver?... Si vous saviez comme je vous attendais!
ELENA
J'ai hésité longtemps, je vous l'avouerai, Rean; mais notre danger commun...
KEAN
Notre danger?
ELENA
Oui, une lettre pouvait être siir|)rise; je tremblais que vous ne fussiez déjà arrêté.
KEAN
Arrêté, moi!... et pourquoi cela?
ELENA
Parce que le bruit commence à se répandre que c'est un accès de c(?!ère, et non point de folie, qui vous a fait insulter le prince royal et lord Mewill... On assure que ce dernier a vu, ce matin, le roi, auquel il s'est plaint, et le ministre, dont il a obtenu un mandat. . . Un procès terrible vous menace, Reaii, fuyez! vous n'avez pas une minute à perdre... et, cette nuit quittez Londres, quittez l'Angleterre, si c'est possible... Vous ne serez en sûreté qu'en France ou en Belgique.
KEAN
Moi, fuir?... moi, quitter Londres, l'Angleterre, connue un lâche qui Jpemble?... Oh! vous ne me connaissez pas, Elena... Lord Mewill veut de la publicité, nous lui en donnerons ; son nom n'est pas encore assez honorablement connu, il le sera comme il mérite de l'être.
ELE?<A
Vous oubliez qu'un autre nom aussi sera prononcé aux débats: on cherchera les motifs de ce double emportement, contre le prince royal et lord Mewill, et on le trouvera.
KEAN
Oui, oui... vous avez raison... et tout cela est peut-être un bonheur... M'aimez-vous, Elena?
ELENA
Vous le demandez !
KEAN
Écoutez: vous aussi, vous êtes compromise.
ELEHA.
Je le sais.
KEAN
Non, vous ne savez pas tout encQre j cet éventail que vous ivez oublié hier dans ma loge...
ELENA
EBAH.