‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 100 sur 171 · PI AS · texte numérisé non relu

PI AS

I1 paraît que la pintade (1) élevée autrefois à Rome avec tant de soin, s'était perdue en Europe, puisqu'on n’en retrouve plus aucune trace chez les écri-

(1) En latin, meleagris; en italien, gallina di Numidiä; en allemand, perlhuhn; en anglais pintado où Guinea.heu, É

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vains du moyen àge, et qu'on n’a recommencé à en parler que depuis que les E uropéens ont fréquenté les côtes occidentales de l'Afrique, en allant aux Indes par le cap de Bonne-Espérance : non-seulement ils l'ont répandue en Europe, mais ils l'ont encore transportée en Amérique.

Le plumage de la piutade, sans avoir des couleurs riches et éclatantes, est cependant très distingué : c’est un fond gris bleuâtre, plus ou moins foncé, sur lequel sont semées assez régulièrement des taches blanches plus ou moins rondes, représentant assez bien des perles; d'où quelques modernes ont donné à cet oiseau le nom de poule perlee , et les anciens ceux de varia et de guttata : tel était du moins le plumage de la pintade dans son climat natal; mais depuis qu’elle a été transportée dans d’autres régions, elle à pris plus de blanc, témoin les pintades à poitrine blanche de la Jamaïque et de Saint-Domingue.

Les plumes de la partie moyenne du cou sont fort courtes à l’endroit qui joint sa partie supérieure, où il n’y en a point du tout, puisqu'elles vont toujours croissant de longueur jusqu’à la pointe, où elles ont près de trois pouces.

Ces plumes sont duvetées depuis leur racine jusqu’à environ la moitié de leur longueur ; et celte partie duvetée est recouverte par l'extrémité des plumes du rang précédent, laquelle est composée de barbes fermes et accrochées les unes aux autres.

La pintade a les ailes courtes et Ia queue pendante , comme la perdrix; cette circonstance jointe à la disposition de ses plumes, la fait paraître bossue : mais cette bosse n’est qu’une fausse apparence, etil n’en reste plus aucun vestige lorsque l'oiseau est plumé.

Sa grosseur est à-peu-près celle de ia poule commune ; mais elle à la forme de la perdrix, d’où lui est venu le nom de perdrix de Terre-Neuve.

La pintade est un oiseau très criard ; son cri est aigre et perçant ; et à la lonque il devient tellement incommode, que, quoique la chair de la pintade soit un excellent manger et bien supérieur à la volaille ordinaire, la plupart des colons d'Amérique ont renoncé à en élever.

C’est un oiseau vif, inquiet et turbulent, qui n’aime point à setenir en place, et qui sait se rendre maître dans la basse-cour : il se fait craindre des dindons même ; et quoique beaucoup plus petit, il leur impose par sa pétulance.

La pintade est du nombre des oiseaux pulvérisateurs, qui cherchent dans la poussière, où ils se vautrent, un remède contre l’incommodité des insectes ; elle gratte aussi la Lerre comme nos poules communes, et va par troupes très nombreuses : on en voit à l’île de May des volées de deux ou trois cents ; les insulaires les chassent au chien courant, sans autres armes que des bâtons.

Comme elles ont les ailes fort courtes, elles volent pesamment ; mais elles courent très vite, et, selon Belon, en tenant la tête élevée comme la girafe : elles se perchent la nuit pour dormir, et quelquefois la journée, sur les murs de clôture , sur les haies, et même sur les toits des maisons et sur les arbres.

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