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temps par les chasseurs, et partent difficilement. Elles vivent de grains, d’herbes, de limaces, de chenilles, d'œufs de fourmis et d’autres insectes; mais leur chair se sent quelquefois des alimens dont elles vivent.
Elle volent pesamment et avec effort, eu l'on peut les reconnaître sans les voir, au seul bruit qu’elles font avec leurs ailes en prenant leur volée. Leur instinct est de plonger dans les précipices lorsqu'on les surprend sur les montagnes, et de regagner le sommet lorsqu'on va à la remise. Dans les plaines, elles filent droit et avec raideur : lorsqu'elles sont suivies de près et poussées vivement, elles se réfugient dans les bois, se perchent même sur les arbres, et se terrent quelquefois.
Les perdrix ne se mettent à pondre que dans le mois de mai et même de juin, lorsque l'hiver à été long. En général, elles font leurs nids sans beaucoup de
Soins et d’apprêts; un peu d'herbe et de paille grossièrement arrangées dans le pas d’an bœuf ou d’un cheval, quelquefois même celle qui s’y trouve naturellement, il ne leur en faut pas davantage : cependant on a remarqué que les femelles un peu âgées et déjà instruites par l'expérience des pontes précédentes apportaient plus de précaution que les toutes jeunes, soit pour garantir le nid des eaux qui pourraient le submerger, soit pour le mettre en süreté contre leurs ennemis, en choisissant un endroit un peu élevé et défendu naturellement par des broussailles. Filles pondent ordinairement de quinze à vingt œufs, et quelquefois jusqu’à vingt-cinq; mais les couvées des toutes jeunes et celles des vieilles sont beaucoup moins nombreuses. Ces œufs sont à-peu-près de la couleur de ceux de pigeon. La durée de l'incubation est d’environ trois semaines, un peu plus, un peu moins, suivant les degrés de chaleur.
La femelle se charge seule de couver, et pendant ce temps elle éprouve une mue considérable, car presque toutes les plumes du ventre lui tombent : elle couve avec beaucoup d’assiduité, et on prétend qu’elle ne quitte jamais ses œufs sans les couvrir de feuilles. Le mâle se tient ordinairement à portée du nid, attentif à sa femelle, et toujours prêt à l'accompagner lorsqu'elle se lève pour aller chercher de la nourriture; son attachement est si fidèle et si pur, qu'il préfère ces devoirs pénibles à des plaisirs faciles que lui annoncent les cris répétés des autres perdrix, auxquels il répond quelquefois, mais qui ne lui font jamais abandonner sa femelle pour suivre l’étrangère. Au bout du temps marqué, lorsque la saison est favorable et que la couvée va bien, les petits percent leur coque assez facilement, courent au moment même qu'ils éclosent, et souvent emportent avec eux une parte de leur coquille; mais il arrive aussi quel-
quefois qu’ils ne peuvent forcer leur prison, et qu'ils meurent à la peine. Pour
remédier à cet inconvénient, on met les œufs dans l’eau pendant cinq ou six minutes; l'œuf pompe à travers sa coquille les parties les plus ténues de l’eau; celte espèce de bain rafraîchit le jeune oiseau, et lui donne assez de force pour briser sa coquille avec le bec. Il en est de même des pigeons, et probablement de plusieurs oiseaux utiles dont on pourra sauver un grand nombre par le procédé que je viens d'indiquer, ou par quelque autre procédé analogue.
Le mâle qui n’a point pris part au soin de couver les œufs, partage avec la mère celui d'élever les petits; ils les mènent en commun, les appellent sans cesse, leur montrent la nourriture qui leur convient, et leur apprennent à se la procurer en grattant la terre avec leurs ongles. Il n’est pas rare de les trouver accroupis l’un auprès de l’autre, et couvraut de leurs ailes leurs poussins, dont les têtes sortent de tous côtés avec des yeux fort vifs; dans ce cas, le père et la mère se déterminent difficilement à partir, et un chasseur qui aime la conservation du gibier se détermine encore plus difficilement à les troubler dans une fonction si intéressante : mais enfin si un chien s’emporte, et qu’il les approche de trop près, c’est toujours le mâle qui part le premier, en poussant des cris particuliers; ils ne manque guère de se poser à trente ou quarante pas; et on en à vu plusieurs fois revenir sur le chien en battant des ailes, tant l'amour paternel inspire de courage aux animaux les plus timides! Mais quelquefois il inspire encore à ceux-ci une sorte de prudence et des moyens combinés pour sauver leur couvée : on à vu le mâle, après s'être présenté, prendre la fuite, mais fuir pesamment et en traînant l’aite, comme pour attirer l'ennemi par l’espérance d'une proie facile, et fuyant toujours assez pour n’être point pris, mais pas assez pour décourager le chasseur; il l’écarte de plus en plus de la couvée : d'un autre côté, la femelle, qui part un instant aprèsle mâle, s'éloigne beaucoup plus et toujours dans une autre direction ; à peine s’est-elle abattue, qu’elle revient sur-le-champ, en courant le long des sillons, et s'approche de ses petits qui se sont blottis, chacun de leur côté, dans les herbes et dans les feuilles; elle les rassemble promptement; et, avant que le chien qui s’est emporté après le mâle ait eu le temps de revenir, elle les a déjà emmenés fort loin, sans que le chasseur ait entendu le moindre bruit. Cet amour de la couvée dégénère quelquefois en fureur contre les couvées étrangères, que la mère poursuit souvent et maltraite à grands coups de bec.
Les perdreaux ontles pieds jaunes en naissant; cette couleur s’éclaircit ensuite et devient blanchètre, puis elle brunit, et enfin devient tout-à-fait noire dans les perdrix de trois ou quatre ans. C’est un moyen de connaître toujours leur àge ; on le connaît encore à la forme de la dernière plume de l'aile, laquelle est
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pointue après la première mue, et qui, l’année suivante, est entièrement arrondie. |
On à tenté avec succès de multiplier les perdrix dans les parcs, pour en peupler ensuite les terres qui en étaient dénuées, et l’on a reconnu qu'on pouvait les élever comme les faisans, seulement il ne faut pas compter sur les œufs des perdrix domestiques. Il est rare qu’elles pondent dans cet état, mais on ne les a jamais vues couver en prison. On est donc réduit à faire chercher dans la campagne des œufs de perdrix sauvages, et à les faire couver par des poules ordinaires. Chaque poule peut en faire éclore environ deux douzaines, et mener pareil nombre de petits après qu'ils sont éclos : ils suivront cette étrangère comme ils auraient suivi leur propre mère, ils reconnaissent sa voix jusqu’à un certain point, et une perdrix ainsi élevée en conserve toute sa vie l'habitude de chan-
ter aussitôt qu’elle entend des poules.