‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 113 sur 171 · JAC · texte numérisé non relu

JAC

C'est l’espèce que l’on apporte le plus communément en Europe aujourd’hui, et qui s'y fait le plus aimer , tant par la douceur de ses mœurs que par son talent et sa docilité. Le mot de jaco, qu'il paraît se plaire à prononcer, est le nom qu'ordinairement on lui donne. Tout son corps est d’un beau gris de perle et d'ardoise, plus foncé sur le manteau, plus clair au-dessus du Corps, et blanchissant au ventre ; une queue d’un rouge de vermillon termine et relève ce plumage lustré, moiré, et comme poudré d'une blancheur qui le rend toujours frais; l'œil est placé dans une peau blanche, nue et farineuse qui couvre la joue; le bec est noir; les pieds sont gris; l'iris de l'œil est couleur d'or. La longueur totale de l'oiseau est d’un pied.

La plupart de ces perroquets nous sont apportés de la Guinée ; ils viennent de l’intérieur des terres de cette partie de l'Afrique. On les trouve aussi à Congo et sur la côte d’Angola. On leur apprend fort aisément à parler, et ils semblent imiter de préférence la voix des enfans, et recevoir d’eux plus facilement leur éducation à cet égard.

Les anciers ont remarqué que tous les oiseaux susceptibles de l’imitation des sons de la voix humaine, écoutent plus volontiers et rendent plus aisément la parole des enfans, comme moins fortement articulée. Néanmoins, ce perroquet imite aussi le ton grave d’une voix adulte; mais cette imitation semble pénible.

Non-seulement cet oiseau a la facilité d’imiter la voix de l’homme, il semble encore en avoir le désir : il le manifeste par son attention à écouter, par l'effort qu’il fait pour répéter, et cet effort se réitère à chaque instant: car il gazouille sans cesse quelques-unes des syllabes qu'il vient d'entendre, et il cherche à prendre le dessus de toutes les voix qui frappent son oreille, en faisant éclater la sienne. Souvent on est étonné de lui entendre répéter des mots ou des sons que l’on n'avait pas pris la peine de lui apprendre, et qu’on ne le soupçonnait pas même d’avoir écoutés.

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Il semble se faire des tâches et chercher à retenir sa leçon chaque jour ; il en est occupé jusque dans le sommeil, et Marcgrave dit qu'il jase encore en révant. C'est surtout dans ses premières années qu’il montre cette facilité, qu'il a plus de mémoire, et qu’on le trouve plus intelligent et plus docile. Quelque fois cette faculté de mémoire, cultivée de bonne heure, devient étonnante, comme dans ce perroquet dont parle Rhodiginus, qu'un cardinal acheta cent écus d'or, parce qu'il récitait correctement le symbole des apôtres.

VAZA.

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Le vaza se trouve à Madagascar, suivant Flaccourt, qui ajoute que ce perroquet imite la voix de l’homme. Rennefort en fait aussi mention; et c’est le même que François Cauche appelle wvouresmeinte, ce qui veut dire oëseau noir, le nom de vourou, en langue Madécasse, signifiant oiseau en général. Aldrovande place aussi des perroquets noirs dans l'Éthiopie.

Le vaza est de la grosseur du perroquet cendré de Guinée ; il est également noir dans tout son plumage, non d’un noir épais et profond, mais brun et comme obscurément teint de violet. La petitesse de son bec est remarquable ;

il a au contraire la queue assez longue.

MASCARIN \ e (PI. 21.)

Il est ainsi nommé, parce qu'il à autour du bec une sorte de masque noir qui engage le front, la gorge et le tour de la face. Son bec est rouge ; une coiffe

grise couvre le derrière de la tête et du cou; tout le corps est brun; les pennes de la queue, brunes aux deux tiers de leur longueur, sont blanches à l’origine. La longueur totale de ce perroquet est de treize pouces. On le trouve à l'ile de Bourbon, où probablement il a été transporté de Madagascar. Il y a au Cabinet du Roi un individu de même grandeur et de même couleur, excepté qu'il n’a pas le masque noir ni le blanc de la queue, et que tout le corps est également brun; le bec est aussi plus petit, et par ce caractère il se rapproche plus du vaza, dont il paraît être une variété, s’il ne forme pas une espèce intermédiaire entre celle-ci et celle du mascarin.

KAKATOES A HUPPE BLANCHE.

Ce kakatoès est à-peu-près de la grosseur d’une poule : son plumage est entièrement blanc, à l'exception d’une teinte jaune sur le dessous des ailes et des- - pennes latérales de la queue; il a le bec etles pieds noirs. Sa magnifique huppe est très remarquable, en ce qu’elle est composée de dix ou douze grandes plumes, non de l’espèce des plumes molles, mais de la nature des pennes, hautes et largement barbées; elles sont impiantées, du front en arrière, sur deux lignes parallèles, et forment un double éventail.

Les kakatoès sont les plus grands perroquets de l'ancien continent ; ils en sont tous originaires, et paraissent être naturels aux climats de l’Asie méridionale. Nous ne savons pas s’il y en a dans les terres de l'Afrique ; mais il est sûr qu'il ne s’en trouve point en Amérique. [ls paraissent répandus dans les régions des Indes méridionales et dans toutes les îles de l'océan Indien, à Ternate, à Banda, à Céram, aux Philippines, aux îles de la Sonde. Leur nom de kakatoès, calaeua et cacatow, vient de la ressemblance de ce mot à leur cri. On les distingue aisément des autres perroquets par leur plumage blanc, par leur bec plus crochu et plus arrondi, et particulièrement par une huppe de longues plu-

més dont leur tête est ornée, et qu'ils élèvent et abaissent à volonté.

Ces perroquets kakatoës apprennent difficilement à parler; il y a même des espèces qui ne parlent jamais : mais on en est dédommagé par la facilité de leur éducation. On les apprivoise tous aisément : ils semblent même être devenus domestiques en quelques endroits des Indes, car ils font leurs nids sur le toit des maisons ; et celte facilité de leur éducation vient du degré de leur intelligence, qui paraît supérieure à celle des autres perroquets; ils écoutent, entendent et obéissent mieux : mais c’est vainement qu'ils font les mêmes efforts pour répéter ce qu’on leur dit. Ils ont dans tous leurs mouvemens une douceur et une grâce qui ajoutent encore à leur beauté. Quoique les kakatoès se servent, comme les autres perroquets, de leur bec pour monter et descendre, ils n’ont pas leur démarche lourde et désagréable , ils sont au contraire très agiles, et marchent de bonne grâce, et par pelits sauts vifs.

KAKATOES À HUPPE JAUNE.

Dans cette espèce l’on distingue deux races qui ne diffèrent entre elles que par la grandeur. Dans l'une et l’autre le plumage est blanc avec une teinte jaune sous les ailes et la queue, et des taches de la même couleur à l’entour des yeux. La huppe est d’un jaune citron; elle est composée de longues plumes molles et effilées, que l'oiseau relève et jette en avant : le bec et les pieds sont noirs. C’est un kakatoëès de cette espèce que décrit Aldrovande, et vraisemblablement le premier qui aitété vu en Italie : il admire l'élégance et la beauté de cet oiseau, qui d’ailleurs est aussi intelligent, aussi doux et aussi docile que celui de la première espèce.

Ce kakatoës ne peut supporter d'être en cage; mais il n’use de sa liberté que pour se mettre à portée de son maître qu'ilne perd pas de vue : il vient lorsqu'on l'appelle, et s'en va lorsqu'on le lui commande ; il témoigne alors la peine que cet ordre lui fait en se retournant souvent, et regardant si on ne lui fait pas signe de revenir. Il est de la plus grande propreté : tous ses mouvemens sont pleins

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