‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 121 sur 171 · PAPEGAI MAILLE · texte numérisé non relu

PAPEGAI MAILLE

Ce perroquet d'Amérique paraît être le même que le perroquet varié de l’ancien continent; et nous présumons que quelques individus qui sont venus d’Amérique en France y avaient auparavant été transportés des Grandes-Indes, et que si l’on en trouve dans l’intérieur des terres de la Guiane, c’est qu’ils s’y sont naturalisés, comme les serins et quelques autres oiseaux et animaux des contrées méridionales de l’ancien continent, qui ont été transportés dans le nouveau par les navigateurs.

Le papegai a la voix différente de tous les autres perroquets de l'Amérique ; son cri est aigu et perçant.

Il a le haut de Ja tête et la face entourés de plumes étroites et longues, blanches et rayées de noirâtre, qu'il relève quand il est irrité, et qui lui forment alors une belle fraise comme une crinière ; celles de la nuque et des côtés du cou sont d’un beau rouge brun, et bordées de bleu vif; les plumes de la poiurine et de l’estomac sont nuées, mais plus faiblement, des mêmes couleurs, dans lesquelles on voit un mélange de vert; un plus beau vert soyeux et luisant cou-

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vre le dessus du corps et de la queue; toutefois quelques-unes de ses pennes latérales de chaque côté paraissent en dehors d’un bleu violet, et les grandes de l'aile sont brunes, ainsi que le dessous de celles de la queue.

PAPEGAT PARADIS.

Catesby à appelé cet oiseau perroquet de paradis : il est très joli, il a le corps jaune, et toutes les plumes bordées de rouge mordoré ; les grandes pennes des ailes sont blanches, et toutes les autres jaunes, comme les plumes du corps; les deux pennes du milieu de la queue sont jaunes aussi; et toutes les latérales sont rouges depuis leur origine jusque vers les deux tiers de leur longueur, le reste est jaune; l'iris des yeux est rouge ; le bec et les pieds sont blancs. ,

Il semble qu’il y ait quelques variétés dans cette espèce de papegai; car celui de Catesby a la gorge et le ventre entièrement rouges, tandis qu’il y en a d’autres qui ne l’ont que jaune, et dont les plumes sont seulement bordées de rouge; ce qui peut provenir de ce que les bordures sont plus ou moins larges, suivant l’âge ou le sexe. |

On le trouve dans l’île de Cuba ; et c’est par cette raison qu’on l’a appelé aussi perroquet de Cuba.

TAVOUA.

Ce perroquet est assez rare à la Guiane; cependant il approche quelquefois des habitations. Nous lui conservons le nom de favoua, qu'il porte dans la Tan-

gue galibi; on le recherche beaucoup, parce que c’est peut-être de tous les perroquets celui qui parle le mieux, même mieux que le perroquet gris de Guinée à queue rouge; et il est singulier qu’il ne soit connu que depuis si peu de temps: mais cette bonne qualité ou plutôt ce talent est accompagné d'un défaut bien essentiel ; ce tavoua est traître et méchant au point de mordre cruellement lorsqu'il fait semblant de caresser ; il a même l’air de méditer ses méchancetés ; sa physionomie, quoique vive, est équivoque. Du reste, c’est un très bel oiseau, plus agile et plus ingambe qu'aucun autre perroquet. |

I à le dos et le croupion d’un très beau rouge ; il porte aussi du rouge au front, et le dessus de la tête est d’un bleu clair; le reste du dessus du corps est d’un beau vert plein, et le dessous d’un vert plus clair ; les pennes des ailes sont d’un beau noir avec des reflets d’un bleu foncé , en sorte qu’à de certains aspects elles paraissent en entier d’un très beau bleu foncé; les couvertures des ailes sont variées de bleu foncé et de vert.

MAIPOURT.

Ce nom convient très bien à cet oiseau, parce qu'il siffle comme le tapir, qu'on appelle à Cayenne maïpourt; et quoiqu'il y ait une énorme différence entre ce gros quadrupède et ce petit oiseau, le coup de sifflet est si semblable, qu'on s’y méprendrait. I se trouve à Ia Guiane, au Mexique, et jusqu'aux Caraques; il n’approche pas des habitations, et se tient ordinairement dans les bois entourés d’eau, et même sur les arbres des savanes noyées : il n’a d'autre voix que son sifflet aigu, qu'il répète souvent en volant, et il n'apprend point à parler.

Ces oiseaux vont ordinairement en petites troupes , mais souvent sans affections les uns pour les autres, car ils se battent fréquemment et cruellement. Lorsqu'on en prend quelques-uns à la chasse, il n’y a pas moyen de les conserver: ils refusent la nourriture et se laissent mourir ; ils sont de si mauvaise hu-

meur, qu'on ne peut les adoucir, même avec les camoufiets de fumée de tabac. dont on se sert pour rendre doux les perroquets les plus revêches.

Il faut, pour élever les maipouris , les prendre jeunes, et ils ne vaudraient pas la peine de leur éducation, si leur plumage n’était pas beau et leur figure singulière. [ls sont d’une forme fort différente de celle des perroquets et même de celles des perruches : ils ont le corps plus épais et plus court, la tête aussi beaucoup plus grosse , le cou et la queue extrêmement courts, en sorte qu'ils ont l’air massif et lourd. Tous leurs mouvemens répondent à leur figure. Leurs plumes mêmes sont toutes différentes de celles des autres perroquets ou perruches : elles sont courtes, très serrées et collées contre le corps, en sorte qu'il semble qu’on les ait en effet comprimées et collées artificiellement sur la poitrine et sur toutes les parties inférieures du corps.

Le maïpouri a le dessus’ de la tête noir, une tache verte au-dessous des yeux; les côtés de la tête, la gorge et la partie inférieure du cou sont d’uñ assez beau jaune ; le dessus du cou, le bas-ventre et les jambes, de couleur orangée ; le dos, le croupion, les couvertures supérieures des ailes et les pennes de la queue, d’un beau vert; la poitrine et le ventre blanchâtres quand l'oiseau est jeune, et jaunâtres quand il est adulte ; les grandes pennes des ailes sont bleues à l'extérieur en dessus, et noires à l'intérieur, et par dessous, elles - sont noirâtres ; les suivantes sont vertes et bordées extérieurement de jaunàtre ; l'iris des yeux est d’une couleur de noisette foncée ; le bec est de couleur de chair; les pieds sont d'un brun cendré, et les ongles noirâtres.

CAÏCA.

Nous avons adopté, pour cet oiseau , le mot caca de la langue galibi, qui est le nom des plus grosses perruches, parce qu'il est en effet aussi gros que le précédent : il est aussi du même genre; car il lui ressemble par toutes les singularités de la forme , et par la calotte noire de sa tête. Cette espèce est nonseulement nouvelle en Europe, mais elle l’est même à Cayenne, et l’on ne sait

pas encore de quel pays ils viennent : on en voil tous les ans arriver par petites troupes, dans la belle saison des mois de septembre et d'octobre , et ne faire qu'un petit séjour ; en sorte que, pour le climat de la Guiane, ce ne sont que des oiseaux de passage.

La coiffe noire qui enveloppe la tête du caïca est comme percée d’une ouverture dans laquelle l'œil est placée; cette coiffe noire s'étend fort bas, et s’élargit en deux mentonnières de même couleur ; le tour du cou est fauve et jaunàtre ; dans le beau vert qui couvre le reste du corps, tranche le bleu d'azur qui marque le bord de l’aile presque depuis l'épaule, borde ses grandes pennes sur un fond plus sombre , et peint les pointes de celles de la queue , excepté les deux intermédiaires, qui sont toutes vertes et paraissent un peu plus courtes que les latérales.

PERRUCHE PAVOUANE.

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