PIC DE CAYENNE
Ce pic est le même que le pic varie huppé d' Amerique, décrit incomplètement par M. Brisson, sur un passage de Gesner. La huppe d’un fauve doré ou plutôt d'un rouge aurore, la tache pourpre à l'angle du bec, les plumes fauves et noires, dont tout le corps est alternativement varié, sont des carac-
tères suffisans pour le faire reconnaître; et la grandeur donnée, qui est celle du pic vert, convient à ce grand pic rayé de Cayenne. Son plumage est très richement émaillé par le fauve jaunâtre et le beau noir qui s’y entremêlent en ondes, en taches et en festons; un espace blanc dans lequel l’œil est placé, et un toupet noir sur le front, donnent du caractère à la physionomie de cet oiseau, et la huppe rouge et la moustache pourpre semblent la relever encore.
Les créoles de Cayenne l’appellent le charpentier jaune ; il est moins grand que notre pic vert, et surtout beaucoup moins épais; sa longueur est de neuf pouces.
Il fait son nid dans les grands arbres dont le cœur est pourri, après avoir percé horizontalement jusqu’à la cavité, et continue son excavation en descendant jusqu’à un pied et demi plus bas que l'ouverture. Au fond de cet antre obscur, la femelle pond trois œufs blancs et presque ronds. Les petits éclosent au commencement d'avril. Le mâle partage la sollicitude de la femelle, et, en son absence , se tient constamment à l'embouchure de sa galerie horizontale. Son cri est un sifflement en six temps, dont les premiers accens sont monotones, et les deux ou trois derniers plus graves. La femelle n’a pas aux côtés de la tête cette bande de rouge vif que porte le mâle.
TOCO.
Le corps de cet oiseau a neuf à dix pouces de longueur , y compris la tête et la queue ; son bec en a sept et demi. La tête, le dessus du cou, le dos, le croupion, les ailes, la queue en entier, la poitrine et le ventre sont d’un noir foncé ; les couvertures du dessus de la queue sont blanches, celles du dessous d’un beau rouge ; le dessuus du cou et la gorge sont d’un blanc jaunâtre; sous la gorge, on voit un petit cercle rouge ; la base des deux mandibules du bec est noire; le reste de la mandibule inférieure est d’un jaune rougeûtre. Les ailes ne s'étendent guère qu’au tiers de la queue ; les pieds et les ongles sont noirs.
Ces oiseaux vont par petites troupes de six à dix ; leur vol est lourd et s’exécute péniblement, vu leurs courtes ailes et leur énorme bec qui fait pencher le corps en avant, cependant on les voit presque toujours perchés à la cime des arbres et dans une agitation continuelle qui n’ôte rien à leur air grave ; quoique très vifs et très remuans, ils n’en paraissent que plus gauches et moins gais.
Comme ils font leur nid dans des trous d'arbres que les pics ont abandonnés, on a cru qu'ils creusaient eux-mêmes ces trous. Ils ne pondent que deux œufs. On les apprivoise très aisément en les prenant jeunes. Ils ne sont pas difficies à nourrir ; Car ils avalent tout ce qu’on leur jette, pain, chair ou poisson : ils saisissent aussi avec la pointe du bec les morceaux qu'on leur offre de près; ils les lancent en haut, et les reçoivent dans leur large gosier. Mais, obligés de ramasser les alimens à terre, ils semblent les chercher en tâtonnant, et prennent le morceau de côté, pour le faire sauter ensuite et le recevoir.