‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 128 sur 171 · QUE · texte numérisé non relu

QUE

L'oiseau royal doit son nom à l’espèce de couronne qu'un bouquet des plumes, ou plutôt desoies épanouies, lui forme sur la tête. Il a de plus le portno-

= Liu

ble, la figure remarquable, et la taille haute de quatre pieds lorsqu'il se redresse. De belles plumes d’un noir plombé, avec reflets bleuâtres, pendent le long de son cou, s’étalent sur les épaules et le dos; les premières pennes de l'aile sont noires, les autres sont d’un roux brun, et leurs couvertures rabattues en effilés, coupent et relèvent de deux grandes plaques blanches le fond sombre de son manteau: un large oreillon d’une peau membraneuse, d’un beau blanc sur la tempe, d’un vif incarnat sur la joue, lui enveloppe la face et descend jusque sous le bec ; une toque de duvet noir, fin et serré comme du velours, lui relève le front, er sa belle aigrette est une houppe épaisse fort épanouie, et composée des brins touffus de couleur isabelle, aplatis et filés en spirale.

L'iris de l’œil est d’un blanc pur; le bec est noir, ainsi que les pieds et les ‘ jambes, qui sont encore plus hautes que celles de la grue, avec laquelle cet oiseau à beaucoup de rapport dans la conformation : il est originaire des climats chauds, et paré de la livrée du Midi, de cette zone ardente où tout est plus brillant, mais aussi plus bizarre; où les formes ont souvent pris leur développement aux dépens des proportions ; où, quoique tout soit plus animé, tout est moins gracieux que dans les zones tempérées.

L'Afrique, et particulièrement les terres de la Gambra, de la côte d'Or, du Juida, de Fida, du cap Vert, sont les contrées qu'il habite. Les voyageurs rapportent qu’on en voit fréquemment sur les grandes rivières. Ces oiseaux y pêchent de petits poissons, et vont aussi dans les terres pâturer les herbes et recueillir des graines. [ls courent très vite, en étendant leurs ailes et s’aidant du vent ; autrement leur démarche est lente, et, pour ainsi dire, à pas comptés.

L'oiseau royal est doux et paisible: il n’a pas d'armes pour offenser, n'a même ni défense ni sauve-garde, que dans la hauteur de sa taille, la rapidité de sa course, et la vitesse de son vol qui est élevé, puissant et soutenu. fl craint moins l’homme que ses autres ennemis; il semble même s'approcher de nous avec plaisir. Au cap Vert ces oiseaux sont à demi domestiques, et ils viennent manger du grain dans les basses-cours avec les pintades et les autres-volailles.

. Ils se perchent en plein air pour dormir, à la manière des paons, dont on a dit

qu'ils imitaient le cri; ce qui, joint à l’analogie du panache sur la tête, leur a fait donnerpar quelques naturalistes le nom de paons marins.

Nous avons reçu cet oiseau de Guinée, et nous l'avons conservé et nourri quelque temps dans un jardin. Il y becquetait les-herbes, mais particulièrement le cœur des laitues et des chicorées. Le fond de sa nourriture, de celle du moins qui peut ici lui convenir le mieux, est du riz, ou sec, ou légèrement

bouilli, Néanmoins il paraît que les insectes, et particulièrement les vers de :

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