‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 129 sur 171 · LONDRES · texte numérisé non relu

LONDRES

terre, entrent aussi dans sa nourriture. Îl aime à se baigner, et l'on doit lui ménager un petit bassin ou un baquet qui n'ait pas trop de profondeur, et dont l’eau soit de temps en temps renouvelée. Pour régal, on peut lui jeter dans son bassin quelques petits poissons vivans : illes mange avec plaisir, et refuse ceux qui sont morts.

Son cri ressemble beaucoup à la voix de la grue; c’est un son retentissant assez semblable aux accens rauques d’une trompette ou d’un cor. Il aime qu’on luirende visite ; et, lorsque, après l’avoir considéré, on se promène indifféremment sans prendre garde à lui, il suit les personnes ou marche à côté d’elles, et fait ainsi plusieurs tours de promenade : et si quelque chose l’amuse et qu’il

reste en arrière, il se hâte de rejoindre la compagnie. Dans l'attitude du repos, il se tient sur un pied ; son grand cou est alors replié comme un serpentin, et son corps affaissé, et comme tremblant sur ses hautes jambes, porte dans unedirection presque horizontale : mais quand quelque chose lui cause de l’étonnement ou de l'inquiétude, il allonge le cou, élève la tête, prend un air fier, comme s’il voulait en effet imposer par son maintien ; tout son corps paraît alors dans une situation à-peu-près verticale; il s’'avance gravement et à pas mesurés, et c’est dans ces momens qu'il est beau, et que son air, joint à sa couronne, lui mérite vraiment le nom d'oiseau royal. I a passé un hiver à Paris, sans paraître se ressentir des rigueurs d’un climat si différent du sien : il avait choisi lui-même pour abri une chambre à feu; ilne manquait pas tous les soirs, à l’heure de la retraite, de se rendre devant la porte de cette chambre, et de trompeter pour se la faire ouvrir.

Les premiers oiseaux de cette espèce ont été apportés en Europe, dèsle quinzième siècle par {es Portugais, lorsqu'ils firent la découverte dela côte d'Afrique.

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