‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 131 sur 171 · SA · texte numérisé non relu

SA

est revêtu de toutes ses plumes; ses ailes sont trés courtes et inutiles pour Je vol, quoiqu’on prétende qu’elles ne soient pas inutiles pour la course : il a sur le dos et aux environs du croupion, de longues plumes qui lui tombent en arriére et recouvrent l'anus ; il n’a point d'autre queue, tout ce plumage est gris sur le dos et blanc sur le ventre. C’est un oiseau très haut monté, ayant trois doigts à chaque pied , et tous trois en avant; car on ne doit pas regarder comme un doigt ce tubercule calleux et arrondi qu'il à en arrière, et sur lequel le pied se repose comme sur une espèce de 1alon : on attribue à cette conformation la diffculté qu'il a de se tenir sur un terrain glissant, et d’y marcher sans tomber; en récompense, il court très légèrement en pleine campagne, en élevant tantôt une aile, tantôt une autre.

Lorsque les jeunes touyous viennent de naître, ils sont familiers et suivent la première personne qu’ils rencontrent; mais en vieillissant ils acquièrent de l'expérience et deviennent sauvages. Il paraît qu’en général leur chair est un assez bon manger, à l'exception de celle des vieux, qui est dure et de mauvais goût.

Leurs plumes ne sont pas, à beaucoup prés, aussi belles que celles de l'autruche : Coréal dit même qu’elles ne peuvent servir à rien.

Cet oiseau est propre à l'Amérique méridionale, mais il n’est pas également répandu dans toutes les provinces de ce continent. [Il est rare d’en voir aux environs de Fernambouc ; il ne l’est pas moins au Pérou et le long des côtes les plus fréquentées ; mais il est plus commun dans la Guiane , dans les capitaineries de Seregippe et de Rio-grande, dansles provinces intérieures du Brésil, au Chili, dans les vastes forêts qui sont au nord de l'embouchure de la Plata, dans les savanes immenses qui s'étendent au sud de cette rivière, et dans toute la terre Magellanique, jusqu’au port Desiré, et même jusqu’à la côte qui borde le détroit de Magellan. Autrefois il y avait des cantons dans le Paraguay qui en étaient remplis, surtout les campagnes arrosées par l'Uraguay ; mais, à mesure que les hommes s’y sont multipliés, ils en ont tué un grand nombre, el le reste s’est éloigné. 1 paraît que le Touyou, qui se plaît, comme l’autruche, sous la zone torride, s’habitue plus facilement à des pays moins chauds, puisque la pointe de l'Amérique méridionale, qui est terminée par le détroit de Magellan, s'approche bien plus du pôle que le cap de Bonne-Espérance ou qu'aucun autre climat habité volontairement par les autruches.

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