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ment qu’on choisit pour en faire la chasse. On tend, avant le jour, un rideau de filet en face de l'endroit où l’on a vu le soir ces oiseaux se coucher; les chasseurs en grand nombre font enceinte, et dès les premiers cris du pluvier appelant, ils se couchent contre terre, pour laisser ces oiseaux passer et se réunir : lorsqu'ils sont rassemblés , les chasseurs se lèvent, jettent des cris, et lancent des bâtonsen l'air; les pluviers effrayés partent d’un vol bas, et vont donner dans le filet quitombe en même temps; souvert toute la troupe y reste prise. cette grande chasse est toujours suivie d’une capture abondante : on en prend des quantités dans les plaines de Beauce et de Champagne. Quoique fort communs dans la saison, ils ne laissent pas d’être estimés comme un bon gibier.
Hôtes passagers plutôt qu’habitans de nos campagnes, les pluviers disparaissent à la chute des neïges, ne font que repasser au printemps, et nous quittent quand les autres oiseaux nous arrivent. Il semble que la douce chaleur qui réveille l'instinct assoupi de tous nos animaux, fasse sur les pluviers une impression contraire ; ils vont dans les contrées plusseptentrionales établir leur couvée et élever leurs petits, car pendant tout l'été nous ne les voyons plus. Ils habitent alors les terres de la Laponie et des autres provinces du nord de l’Europe, et anparemment aussi celles de l'Asie.