PLUVIER A COLLIER
Les pluviers à collier (1) ont la tête ronde et Le bec fort court et bien garni de plumes à sa racine; ce bec est blanc ou jaune dans sa première moitié, noir à sa pointe; le front est blanc ; il y a un bandeau noir sur le sommet de la tête,
(1) En anglais, sea-lark, A Cayenne, on le nomme collier; et les Espagnols de Saint-Domingue, en le voyant habillé de noir et de blanc, comme leurs moines, l’appellent /railecitos ; et les Indiens hegle, thegle, d'après son cri.
et une calotte grise la recouvre ; cette calotte est bordée d’une bandelette noire qui prend sur le bec et passesous les yeux ; le collier est blanc et la poitrine porte un plastronnoir; le manteau est gris-brun; les pennes de l'aile sont noires; le dessous du corps est d’un beau blanc comme lefront et le collier.
Tel est en gros le plumage du pluvier à collier. Sauf quelques différences légères et vraiment individuelles ou locales, on reconnaît le pluvier à collierle même dans presque tous les climats: on nousl’a apporté de Sibérie, du cap de Bonne-Espérance, des Philippines, de la Louisiane et de Cayenne; M. Cook l’a rencontré dans le détroit de Magellan, et M. Ellis à la baie de Hudson. Ce pluvier à collier est l'oiseau que Marcgrave appelle matuitur du Bresil.
Nous regarderons le pluvier à collier comme une de ces espèces privilégiées qui se sont répandues sur tout le globe, malgré quelques variétés dans le plumage de ces oiseaux, suivant les différens climats; ces différences extérieures, quand le reste des traits est le même, ainsi que le naturel, ne doivent être regardées que comme la teinte locale, et pour ainsi dire, la livrée des climats, livrée que les oiseaux prennent et dépouillent plus ou moins en changeant de ciel.
Les pluviers à collier vivent aux bords des eaux ; on les voit le long de la mer en suivre les marées. Ils courent très vite sur la grève, en interrompant leur course par de petits vols, et toujours en criant. .En Angleterre on trouve leurs nids sur les rochers des côtes; ces oiseaux y sont très communs, comme dans la plupart des régions du Nord, en Prusse, en Suède, et plus encore en Laponie pendant l'été. On en voit aussi quelques-uns sur nos rivières ; dans quelques provinces, on les connaît sous le nom de gravières, en. d’autres , sous, celui de eriards, qu'ils méritent bien par les cris importuns et continuels qu'ils font entendre, pour peu qu'ils soient inquiétés et tant qu'ils nourrissent leurs petits , Ce qui est long, ear ce n’est qu’au bout d’un mois ou cinq semaines que les jeunes commencent à voler.
Les chasseurs assurent que ces pluviers ne font point de nids, et qu'ils pondent sur le gravier du rivage des œufs verdâtres tachetés de brun. Les père et mère se cachent dans les trous et sous les avances des rives.