‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 156 sur 171 · SARCELLE · texte numérisé non relu

SARCELLE

La sarcelle (1) a la figure d’un petit canard et la grosseur d’une perdrix. Le plumage du mâle, à couleurs moins brillantes que celui du canard, n’en est pas moins riche en reflets agréables. Le devant du corps présente un beau plasiron tissu de noir sur gris, et comme maillé par petits carrés tronqués, renfermés dans de plus grands, tous disposés avec tant de netteté et d'élégance, qu’il en résulte l'effet le plus piquant. Les côtés du cou et les joues, jusque sous les yeux, sont ouvragés de petits traits de blanc, vermiculés sur un fond roux. Le dessus de la tête est noir, ainsi que la gorge; mais un long trait blanc prenant sur l'œil, va tomber au-dessous de la nuque. Des plumes longues et taillées en pointe couvrent les épaules et retombent sur l’aile en rubans blancs et noirs; les couvertures qui tapissent les ailes sont ornées d’un petit miroir vert; les flancs et le croupion présentent des hachures de gris noirâtre sur gris blanc, et sont mouchetés aussi agréablement que le reste du corps.

La parure de la femelle est bien plus simple : vêtue partout de gris et de gris brun, à peine remarque-t-on quelques ombres d’ondes ou de festons sur sa robe : il n'y a point de noir sur la gorge, comme dans le mâle, et en général, il y à tant de différence entre les deux sexes dans les sarcelles, comme dans les canards, que les chasseurs peu expérimentés les méconnaissent, et leur ont donné les noms impropres de fiers, rancanetles, mercanettes.

Le mâle, au temps de la pariade, fait entendre un cri semblable à celui du

(r) En grec, fiour:, et chez les Grecs modernes , pappi, dénomination générique, appliquée à toutes les espèces du genre des canards. En italien, sartella , cercedula, cercevolo, garsanello; en espagnol, cercela; en allemand, murentleir, mittel-entle, scheckicht-endtlin, spreuglicht.-endlie ; en bas allemand , crak kasona; et dans quelques endroits, comme aux environs de Sirasbourg, kernell, selon Gesner; en russe, tchirka; à Madagascar, sirire; dans quelques-unes de nos provinces, garsotte; en d’autres, halbran; dans l’Orléanais , la Champagne, la Lorraine, arcanette; dans le Milanais et dans notre province de Picardie, garganer.

râle. La femelle ne fait guère son nid dans nos provinces, ils volent par bandes dans le temps de leurs voyages, mais sans garder, comme les canards, d'ordre régulier ; ils prennent leur essor de dessus l’eau et s’envolent avec beaucoup de légèreté. Ils ne se plongent pas souvent, et trouvent à la surface de l’eau et vers ses bords la nourriture qui leur convient : les mouches et les graines des plantes aquatiques sont les alimens qu'ils choisissent de préférence.

On servait souvent des sarcelles à la table des Romains; elles étaient assez estimées pour qu’on prit la peine de les multiplier, en les élevant en domesti-

cité, comme les canards.

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