CONSERVATION DES OISEAUX
On a fait, de nos jours, de si grands progrès dans l’art de préparer les animaux, qu’il n’est plus aucun de ces êtrés dont la conservation soit impossible. La Taxidermie, cette représentation durable de ce qui a vécu, peut justement réclamer sa part dans les succès qui ont couronné les travaux des naturalistes modernes : ses procédés ingénieux ont fait des galeries de nos musées, autant de ménageries artificielles dont tous les habitans rivalisent, par l'élégance de leurs formes et la
justesse de leurs proportions, avec les êtres vivans dont ils ne sont que les débris, et, par là, cet art tout nouveau n’a pas seulement offert une source de jouissances aux amateurs de l’histoire naturelle, il a hâté les développemens de cette science et l’a enrichi en la popularisant. Nous ne pouvons nous proposer, ici, de suivre dans ses détails la Taxidermie des oiseaux ; et nous devons nous borner à indiquer les méthodes qui leur donnent le mieux, après leur mort, cet air de vie et de fraicheur qui semble les faire respirer.
Dépouiller un oiseau, en remplir la peau de substances préservatrices, lui donner, en le montant, une attitude quelconque, est une opération facile; mais ce qui l’est beaucoup moins, c’est de traduire ses proportions, de varier ses altitudes, et donner la grâce, le mouvement et la vie à cet être inanimé.
Les instrumens dont il faut se pourvoir pour empailler les Oiseaux sont: 1° deux scalpels , un à lame faite en forme de lancette ou tranchante des deux côtés, el Vauire à dos, à lame plus forte et tranchante d’un seul côté; l'extrémité des manches doit être aplatie et arrondie; % des ciseaux droits et courbes; 3° des
pinces à mors arrondis, aplatis el tranchans sur le côté; 4° deux limes, l’une aplatie pour aiguiser les fils de fer, l’autre triangulaire pour les couper: 5° des alènes de différentes grosseurs ; 6° des aiguilles droites et courbes ; 7° des pinces de dissection crénelées à la pointe, pour saisir la peau et la détacher du corps; 8° deux érignes, dont une à manche età un seul crochet , et l’autre sans manche et à deux crochets, pour fixer la peau quand on la sépare du corps; 9° des vrilles de différens diamètres pour faire les trous dans les huchoirs, planches, etc. , dans lesquels doivent passer les fils de fer ; 10° des bourroirs de différentes grosseurs et longueurs, terminés à leur extrémité en forme de long cure-oreille, dont l’usage est de servir à remplir la peau et le cou de l’oiseau , et à vider lecràäne; 11° un marteau ; 12% une pelite scie; 13° un petit étau portatif qu’on fixe à volonté: 14° des fils de fer ou de laiton de numéros différens suivant le volume de l'oiseau ; 15° des tricoises ou grosses lenailles de maréchaux, pour couper les fils de fer d’un diamètre un peu gros; 16° une petite enclume. Il faut ajouter à tous ces objets, des pinceaux et des éponges de différentes grosseurs, du colon , des étoupes, des mousses , LC.
Les matières propres à bourrer les peaux sont: | 1° Le coton, pour les très pelits oiseaux, et même pour ceux de grosseur moyenne. On l’emploie sans aucune préparation préliminaire ; cependant s’il était fort long , et que l’objet à bourrer fùt extrêmement petit, on pourrait le couper,
ou le hacher, avec des ciseaux.
2° La filasse de lin ou de'‘chanvre hachée plus ou moins menue selon le besoin. On l’emploie pour les oiseaux, depuis la taille de la petite mésange jusqu’à celle du pigeon et au-dessus; en la hachant très fine, on peut s’en servir pour les plus petits individus, et telle qu’elle est, on peut en bourrer les plus grands oiseaux.
3° La mousse. Avant de s’en servir, elle doit être parfaitement triée de tous les corps étrangers qui peuvent y être mélés; on la passe au four ou à l’étuve, à un degré de chaleur suffisant pour faire périr tous les insectes qui peuvent y être cachés : elle peut être avantageusement employée pour les oiseaux de la grandeur d’une poule et au-dessus.
4° Le foin de mer. Il est excellent, parce que les insectes s’y mettent rarement; mais malheureusement il ne peut être mis en usage que par les préparateurs qui sont à proximité de la mer, et peuvent ainsi s’en procurer facilement. Cependant on ne doit jamais l’employer seul, parce que, renfermant toujours une grande quantité de sel marin, il attire humidité de l'air sur la peau de Panimal, et lexpose à pourrir. On aura donc la précaution de le mélanger et de le hacher avez des étoupes. Celte matière préparée est excellente surtout pour bourrer le cou, parce qu’il n’en est que plus léger, et que les fils de fer y passent beaucoup plus aisément.
5° Le foin, passé au four, s'emploie pour la préparation des grands animaux, tels que les chiens, loups, ours; les pélicans, cygnes, autruches, etc.
6° La paille ne sert guère que pour les très grands mammifères , tels que cerfs, buffles, chevaux, rhinocéros, etc.
2° Enfin, au besoin et faute des matières que nous venons de citer, on pourra en employer d’analogues, mais toujours choisies dans le règne végétal. La bourre, le poil et toutes les autres substances animales seront rigoureusement exclues, par la raison qu’elles attirent les insectes, et que les dermestes, surtout, les plus dangereux de tous, les recherchent avec beaucoup d’avidité.
Les matières que nous venons d'indiquer ne s’emploient pas spécialement pour un seul individu; on peut se servir de coton, de filasse, de mousse, de foin, pour le même animal, en employant chacune de ces substances selon la plus ou moins grande capacité de la cavité à remplir.
Si l’on avait à empailler un animal très précieux, et que l’on ne füt pas trop pressé par le temps, un moyen que l’on pourrait employer pour s’assurer davantage de sa conservation, serait de faire tremper ces substances pendant vingtquatre heures, dans une forte dissolution d’alun; mais, en ce cas, il ne faudrait s’en servir que lorsqu'elles seraient parfaitement sèches.
Voici la recette d’un excellent préservatif :
Sel de tartre, un gros et demi; camphre, cinq gros; arsenic, quatre onces; savon blanc, quatre onces; chaux vive, demi-once.
Il faut dissoudre le camphre dans une suffisante quantité d’esprit-de-vin, y ajouter l’arsenic, le sel de tartre, la chaux, et y délayer le savon.
Il est plus avantageux de se servir de suif blanc que de savon.
Lorsque ce préservatif est trop sec, on l’humecte avec de l’alcool ou de l’eaude-vie , et il acquiert sur-le-champ toute la liquidité nécessaire. On s’en sert pour humecter l’intérieur des peaux. On emploie avec avantage une teinture de coloquinte à l’esprit-de-vin, dont on enduit les peaux à l’intérieur, pour les préserver des insectes.
Le premier soin, avant d'ouvrir un oiseau que l’on se propose d’empailler , est d'examiner s’il peut ou ne peut pas être monté.
Il péut être monté, 1° lorsque la corruption n’a point détaché les plumes du derme et de l’épiderme , et que cesparties n’ont souffert aucune altération ; 2° que les plumes ne sont point tachées de sang; 3 que la: tête, le bec, les jambes, la queue , en un mot, toutes les parties essentielles sont dans un état d’intégrité parfait ; 4 que la peau n’est point déchirée , etc. |
Les endroits où les effets de lacorruption se manifestent de préférence, sont: le ventre près de l'anus, à raison des intestins, qui occasionnent la décomposition de ces parties; puis le contour du bec, des yeux, des narines, le dessous de la gorge, et les environs des blessures qui ont fait périr animal.
Un oiseau ne peut pas être empaillé, 1° lorsque chez les individus, comme les Cygnes, Oies, Canards, Sarcelles, dans lesquels ont est obligé d'inciser le dessous de la gorge, afin de pouvoir faire passer la tête , la corruption a attaqué la peau du cou et a occasioné la chute des plumes, inconvénient qui ne permet point de recoudre la peau.
2° Lorsque le coup de fusil où les blessures ont arraché les plumes, détérioré la peau , détruit quelque partie essentielle, comme une jambe, le bec en tout ou en partie, le crâne , la queue, etc.
3° Lorsque les oiseaux pris aux filets, ont eu la tête écrasée par l’oiseleur.
4° Enfin, lorsque les chasseurs ont plumé le dessus de la queue répondant au COCCYX.
Lorsqu'un oiseau est en état d’être empaillé, il faut avoir soin de mesurer sa longueur totale , depuis le bec jusqu'aux ongles, etau bout de la queue ; étendue de son corps, depuis la partie saïllante de la poitrine jusqu’au coccyx; l’envergure de ses ailes, la circonférence et le poids de son corps, la longueur du cou, et la forme de la tête.
Il convient de considérer la structure externe et interne du bec, la forme de la langue, la couleur des yeux, la longueur et la direction des jambes, la forme des doigts, la longueur et les différentes courbures des ongles, etc.
Lorsque l’on voit qu’un oiseau est en état d’être empaillé , et que l’on ne peut pas le monter tout de suite, on commence par le vider, eton remplit de poudre à poudrer ou de farine , l'intérieur du corps. Par ce moyen l’oiseau se maintient frais pendant un ou plusieurs jours, et l’on peut le monter ensuite sans craindre que la corruption attaque la peau et communique aux chairs une mauvaise odeur.
Il faut nettoyer et remplir de coton le gosier , le bec, les narines ; l’anus et les endroits par lesquels le sang qui coule des plaies peut , en s’écoulant , gâter les plumes.
Avant de mettre du coton dans le gosier, on y introduit de la farine, qui empèche les humeurs de sortir par le bec. On ferme le bec avec un fil passé dans les narines, et on laisse ce fil d’une certaine longueur, afin d’avoir plus de facilité pour retourner la peau.
Comme il existe un grand nombre d’oiseaux, surtout dans les petites espèces , qu’on ne peut se procurer qu’en les tuant à la chasse, il est nécessaire d'indiquer, sur cet objet important, quelques observations.
Lorsqu'on a tué un oiseau , il faut mettre sur le sang sorti de la plaie, non point de la terre en poussière ou de la cendre, qui salissent ou tachent les plumes, mais de la poudre à poudrer.
Cette substance a la propriété d’étancher le sang, de l’absorber, et de rendre aux plumes leur éclat et leur blancheur. Si le coup de fusil a porté dans la tête, et que le sang sorte par le bec, il faut en nettoyer l’intérieur avec des étoupes ou du colon , et y introduire de la poudre à poudrer. On remet les plumes et les ailes dans leur position, et on laisse l’oiseau à terre pendant le temps nécessaire pour charger le fusil. Cette opération faite, on enferme l'oiseau dans un cornet de pa- Pier proportionné au volume de l'animal, on place la tête la première, en le tenant par les pattes et la queue , afin que les plumes se conservent dans leur direction ordinaire. On ferme le cornet par le bout qui a servi à introduire l'oiseau, c’est-à-dire , par le bout le plus large. Ce cornet doit être plus long que le corps de l’oiseau, afin que les plumes de la queue ne soient point gâtées ou recourbées. On enferme ensuite le cornet dans une boite de fer blanc, qui est préférable aux boites de sapin ou de buis, et on en garnit l’intérieur avec du coton , de la mousse
ou du papier mou, afin d'empêcher l’oiseau de ballotter par le mouvement de la marche.
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Quand on prend des oiseaux aux filets , il faut les étouffer en les pressant fortement sous les ailes ; par ce moyen on les conserve en bon état. Les oiseleurs ontle tort de leur écraser la tête. Cette méthode empêche souvent de les monter, parce que la têle écrasée , ne peut être assujettie qu'avec beaucoup de peine, et lorsqu'on dépouille cette partie, le sang sort souvent par les yeux et tache les plumes.
Il est nécessaire de casser avec des pinces à mors arrondis , pour ne pas couper la peau, les ailes au tiers supérieur qui répond aux humérus , et de laisser entiers les deux tiers qui répondent aux avant-bras. Cette rupture des ailes facilite le renversement de la peau à l’endroit des cavités pectorales , et permet de les replier et replacer commodément surles cotés du corps lorsqu'on monte l'oiseau.
Il faut ouvrir avec un scalpel le dessous des pieds répondant au métatarse, et enlever avec une alène les tendons fléchisseur des phalanges. L’extirpation de ces tendons facilite le passage des fils de fer, qui, toujours placés derrière le tarse, ‘ letalon et le tibia , ne déforment point ces parties quand l’oiseau est en position. Ce procédé ne peut s’exécuter, en commençant, que sur les petits oiseaux, car pour ceux d’une grosseur moyenne , il faut, pour extraire facilement les tendons, avoir séparé le tibia des muscles qui l’environnent.
Lorsqu’on veut empailler un oiseau dont la peau des jambes est sèche (ce qui arrive lorsqu'il est mort depuis un certain temps), il faut faire tremper les pattes dans l’eau tiède. La peau se ramollit et se prête alors à l’introductiorr des fils de fer , qui doivent servir à maintenir l’animal en position.
Lorsqu'on n’a pas le temps de monter un oiseau, et qu'on se contente seulement d'en vider la peau (qu’on remplit avec du foin de mer ou de la mousse, en remettant à un autre moment le soin de l’empailler), il est nécessaire d’enlever les tendons, et on passe un fil de fer huilé entre la peau et le tarse. L'huile empéche le fil de fer de se rouiller, et l’on peut, avec ce procédé aussi simple qu’avantageux, faire jouer le fil de fer en tous sens, et fixer les jambes de l’oiseau aussi facilement que sil était frais.
On se souviendra de préparer trois fils de fer vernissés, dont deux d’égale longueur , bien dressés et limés à un des bouts, doivent servir à maintenir les extrémités inférieures, après avoir été fixés dans le corps; et le troisième, à embrasser et assujettir le corps, à former le cou, et à être fixé dans la cavité du crâne. La longueur des deux premiers fils de fer doit varier selon la grosseur du corps de loiseau et la longueur des jambes; celle du troisième, que nous garnissons d’étoupes dans toute sa longueur , doit excéder les dimensions totales de l'oiseau, depuis le sommet de la tête jusqu'aux ongles, au moins d’une fois la longueur du corps, dans les individus d’une taille moyenne. Mais dans ceux dont le volume du corps est très gros, le cou très allongé, et les extrémités courtes, comme les Cygnes, Oies, Cormorans, Pélicans, etc.; el dans ceux, tels que les Fes mans, les Grues, Hérons , ete., chez lesquels les parties inférieures sont très dé veloppées, la longuéur du fil de fer qui doit servir à maintenir les jambes, et être fixé dans le corps factice, doit être prise en ligne diagonale, depuis l'extrémité de l’ongle du doigt intermédiaire de la jambe gauche, jusqu’au contour de l'aile droite, qui répond au poignet ou carpe, ou de la jambe droite jusqu'au contour
de Paile gauche. Le fil de fer, proportionné à la grosseur de l'oiseau et des parties avec lesquelles il s’unit, doit être recuit, c’est-à-dire, rougi au feu, afin de pouvoir être manié plus facilement sans se rompre.
Ces préliminaires achevés, on procède ainsi qu’il suit:
Après avoir étendu sur le dos, la tête en avant et la queue tournée de côté, l’oiseau que l’on veut dépouiller , on écarte de droite et de gauche avec le pouce et l'index de la main gauche, les plumes qui recouvrent le dessous du ventre, et l’on fait de la droite, avec un scalpel, une incision longitudinale , depuis le cartilage xiphoïde jusqu’à l’anus, c’est-à-dire, dans la partie du corps qui répond à la saillie antérieure, de larticulation de la cuisse avec la jambe. On a soin que cette incision soit aussi petite que peut le comporter le volume du corps que lon fait passer par lPouverture pratiquée dans lendroit désigné, parce qu’alors la couture de la pean est plus facile et moins longue, et que l’on peut arrondir la poitrine et les côtés du corps, ce qui donne aux oiseaux une forme très naturelle.
Pour extraire de la peau le corps de loiseau (y compris le cou, les ailes et les cuisses), les uns pratiquent, soit au côté gauche, soit au côté droit, audessous de l'aile, une ouverture prolongée jusqu'aux cuisses, qu’ils enlèvent quelquefois, et par cette ouverture, ils font l'extraction du corps et des parties désignées, en renversant la peau. D’autres font deux incisions angulaires sur les côtés du corps, depuis l’anus jusqu'aux contours des ailes, et dépouillent l’oiseau en détachant successivement la peau du ventre, des cuisses, du croupion, des ailes et de la tête.
Quelques personnes ouvrent sur le dos les oiseaux aquatiques, très fournis en plumes et duvet, au moyen d’une incision qui s'étend depuis les omoplates jusqu’au Coccyx.
L'on détache ensuite la peau des deux côtés du corps, avec Pextrémité du manche du scalpel, qui doit être à cet effet aplatie, arrondie et tranchante, et Pon fait paraitre par lincision, les deux cuisses que l’on coupe dans la partie qui répond à la rotule; on sépare les muscles qui entourent le tibia: et après avoir humecté avec une petite éponge, imbibée d’eau alunée, la partie de la peau qui couvrait les chairs de la jambe, afin qu’elle ne se sèche pas, on retire la jambe et on la remet dans sa situation naturelle.
Pour empècher que les plumes qui bordent les deux côtés incisés de la peau ne se salissent, soit en frottant contre la partie du corps écorché, soit en raison du sang qui peut sortir des plaies, ou bien des humeurs qui s’échappent de l’anus ou des intestins, il est nécessaire de placer une trainée de coton ou d’étoupe entre le corps et la peau. Quelques personnes emploient le son, la farine, la poudre à poudrer , l’alun en poudre; mais le coton ou l’étoupe sont préférables.
Dans les oiseaux qui sont gras, et dont la graisse en coulant tache les plumes, il faut avoir soin, pour éviter cet inconvénient, de saupoudrer à différentes reprises, avec de la poudre à poudrer, les bords de la peau et les plumes, dans les endroits où lon a pratiqué l'ouverture, La poudre, qui sert de dessiccatif, absorbe le sang, la graisse, et empêche les plumes de se tacher.
Continuant ensuite à détacher la peau du croupion, auquel on laisse adhérer
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quelquefois une partie du corcyx, on la renverse de derrière en avant sur les ailes que l’on coupe dans l’endroit fracturé. On dépouille ensuite le cou et la tête de l’oiseau jusqu’à l’origine du bec, en avançant vers la partie antérieure, et en ayant soin de ménager les paupières et la peau des oreilles qui répond au conduit auditif externe.
Pour faciliter le dépouillement de l'oiseau, s’il est d’un volume considérable, on passe avec un carrelet, à travers l’os sacrum, une petite ficelle qu’on noue, et à l’aide de laquelle on suspend à un clou ou à un crochet, le corps de l'oiseau qu’on veut dépouiller. Ce procédé est utile pour écorcher les Hérons , les Butors, les Oces, les Cigognes, les Aigles, etc.
Dans cette opération, le préparateur éprouve des difficultés provenant de l’état d’obésité ou de maigreur de l'animal, de laltération de la peau, du sang et des humeurs qui s’échappent du corps, des angles saillans que forme latéralement la poiirine, répondant à l’acromion ou à lPinsertion des s#iles dans les oiseaux. de proie; où du peu de diamètre du cou dans le F/ammant et le Canard à longue queue; de la grosseur de la tête dans les Canards, les Pies, etc. ; dans ce cas, il faut faire sur la partie supérieure et antérieure du cou, une incision longitudinale répondant à la tête et à la base du crâne; et par cetie ouverture, proportionnée toujours au diamètre de ces deux parties , on parvient à développer la peau jusqu’au bec. Cette incision n’a pas les inconvéniens de celle qui a été proposée sur le vertex ou sommet de la tête, qui défigure les crêtes, huppes et autres plumes qui en font l’ornement. Cette dernière ne pourrait être permise que dans les oiseaux qui ne présentant, dans la partie supérieure de la tête, ni huppe, ni aigrette, offriraient dans la mandibule inférieure, ou sous le cou, des caractères qu’il importe de conserver, et que cette ouverture pourrait dénaturer, altérer ou déplacer.
Pour replacer la peau sur le corps factice, il faut retrancher tous les muscles qui font mouvoir les mandibules l’une sur l’autre, le contour ou la tubérosité de la mandibule inférieure qui s’unit avec la supérieure au-dessous du crâne, et enlever les glandes placées sur les parties latérales du crâne.
Quand on dépouille un oiseau dont le diamètre du cou ne permet pas de laisser passer la tête, il faut replier la peau du cou vers la tête, jusqu’à ce qu’on éprouve une résistance qui se fait sentir au tiers supérieur du cou, et qui indique l’impossibilité de pouvoir la faire passer. On coupe alors le cou aussi près de la tête qu'il est possible, on retourne la peau dans sa direction naturelle, et on faitavec un scalpel une ouverture longitudinale sous la partie qu’on appelle, dans les gros animaux, la ganache. On écarte, avec le manche du scapel, la peau des deux côtés de l’incision ; on la détache du reste du cou ou des vertèbres qui adhèrent à la tête, et on nettoie le crâne. Lorsqu'on a introduit le mannequin dans la peau, fixé dans le crâne la partie excédante du fil de fer qui l’entoure et qui représente le cou, donné au cou sa grosseur naturelle, en roulant autour du fil de fer qui le représente une quantité suffisante d’étoupe, on coud les deux bords de l'incision avec une aiguille fine, dans laquelle on passe un fil proportionné à l’épaisseur de la peau, en ayant soin de passer l'aiguille de dedans en dedans.