MILAN
(CPLM)
Le milan, dont le corps entier ne pèse guère que deux livres et demie, qui n’a que seize ou dix-sept pouces de longueur depuis le bout du bec jusqu’à l’extrémité des pieds, a néanmoins près de cinq pieds de vol ou d'envergure. La peau qui couvre la base du bec est jaune , aussi bien que l'iris des yeux et les pieds ; le bec est de couleur de corne , et noirâtre vers le bout, et les ongles sont noirs. Sa vue est aussi perçante que son vol est rapide ; il se tient souvent à une si grande hauteur qu'il échappe à nos yeux , et c’est de là qu'il vise et découvre sa proie ou sa pâture , et se laisse tomber sur tout ce qu’il peut dévorer ou enlever sans résistance. [Il n’attaque que les plus petits animaux et les oiseaux les plus faibles ; c’est surtout aux jeunes poussins qu'il en veut : mais la seule colère de la mère-poule suffit pour le repousser et l’éloigner. Les milans sont des animaux tout-à-fait [èches.
Cette espèce de milan est commune en France, surtout dans les provinces de Franche-Comté, du Dauphiné, du Bugey, de l'Auvergne , et dans toutes les autres qui sont voisines des montagnes. Ce ne sont pas des oiseaux de passage ; car ils font leur nid dans le pays, et l’établissent dans des creux de rochers. Les auteurs de la Zoologie britannique disent de même qu'ils nichent en Angleterre, et qu'ils y restent pendant toute l’année. La femelle pond deux ou trois œufs , qui, comme ceux de tous les oiseaux carnassiers, sont plus ronds que les œufs de poule ; ceux du milan sont blanchâtres, avec des taches d’un jaune sale. Quelques auteurs ont dit qu'il faisait son nid dans les forêts, sur de vieux chênes ou de vieux sapins. Sans nier absolument le fait, nous pouvons assurer que c’est dans des trous de rochers qu’on les trouve communément.
L'espèce paraît être répandue dans tout l’ancien continent , depuis la Suède jusqu’au Sénégal. (1)
(1) 11 paraît que le milan royal se trouve dans le Nord, puisque M. Linnæus l’a compris dans sa liste des oiseaux de Suède, sous la dénomination de falco cerä flavä, caudä forcipatä, corpore ferrugineo, capite albidiore (Faun. Sued. n° 59); et l’on voit aussi, par les témoignages des voyageurs, qu’il se trouve dans les provinces les plus chaudes de l'Afrique.