VU
attache aux principaux muscles qui servent au vol, il prend un développement extrême, et constitue un vaste bouclier qui s'étend très loin en arrière sur l’abdomen, et présente presque toujours une espèce de carène longitudinale que l'on à nommée brechet.
Les os de l'épaule sont également disposés de manière à donner plus de puissance aux ailes; ils sont au nombre de trois : une omoplate très allongée, une clavicule qui se soude à celle du côté opposé, pour former un os en V et, enfin, une espèce de seconde clavicule qui prend une grande force et constitue un arc-boutant, placé entre l’articulation de l'épaule et le sternum. Ces doubles clavicules maintiennent les épaules écartées, malgré les efforts violens que le vol exige en sens contraire, et elles sont d'autant plus robustes que le vol doit être plus puissant.
L’aile de l’oiseau correspond au membre antérieur des mammifères, et, se compose comme lui de trois portions principales : le bras, l’avant-bras et la main. Le bras est formé d’un humérus; l’avant-bras, composé d’un radius et d’un cubitus, est d'autant plus long que l'oiseau est meilleur voilier; enfin la main est réduite à une sorte de moignon qui sert à l'insertion des grandes plumes de l’aile.
L’aile de l'oiseau etla nageoire du poisson diffèrent l’une de l’autre bien moins qu'on ne le croirait au premier coup-d'œil. Voilà pourquoi, depuis les Naturalistes de la Grèce jusqu’à notre époque, le nom d’aile a été si souvent donné à celte nageoire. L’une et l’autre représentent une surface assez large, relativement au volume du corps et l’animal peut, suivant ses besoins, accroître ou diminuer cette surface : il n’a pour cela qu’à étendre sa nageoire ou son aile avec force , ou à les resserrer en plusieurs plis. La nageoire ainsi que l'aile, se prêtent à ces déploiemens ou à ces contractions, parce que, l’une et l’autre, elles sont composées d’une substance membraneuse , molle et souple. La surface qu’elles présentent toutes deux résiste avec précision et frappe avec force, car elle est soutenue par de petits cylindres réguliers ou irréguliers, solides, durs et presque inflexibles. Dans l'aile, cette surface est fortifiée par des plumes ; dans la nageoire, elle est quelquefois consolidée par des écailles. On a pu dire avec raison, que les oiseaux nagent dans l'air, et que les poissons volent dans l’eau.
Les membres postérieurs des oiseaux qui, ainsi que nous l'avons déjà dit, : sont destinés à servir à la station et à la marche, deviennent quelquefois des organes de natation; d’autres fois aussi, les oiseaux s’en servent pour la préhension des ahmens. Les os des hanches sont très développés, et sont soudés à Ja
partie voisine de la colonne vertébrale, de façon à ne former avec elle'qu'une seule pièce. — La ceinture osseuse composée de cet assemblage, et que l’on nomme le bassin, reste presque toujours incomplète en avant; le fémur est court et reployé en avant; le tibia est fort, etle péroné est réduit à n’être“plus qu’un simple stylet osseux. Le tarse et le métatarse sont représentés par un seul os, dont la longueur détermine la hauteur de l'oiseau sur ses jambes. Enfin le nombre des doigts varie de quatre à deux; presque toujours il y en a trois qui sont dirigés en avant, et un en arrière; le nombre des phalanges va ordinairement en augmentant de deux à cinq, depuis le doigt postérieur (ou pouce) jusqu’au quatrième doigt.
Chez les oiseaux nageurs, les doigts sont palmés, c’est-à-dire réunis par des membranes assez larges pour permettre leur écartement et pour constituer des espèces de rames. Chez les oiseaux qui grimpent, deux des doigts sont dirigés en arrière et deux en avant; et chez ceux qui ont l'habitude de marcher à gué dans les rivières, les marais, etc., pour y chercher des poissons ou des vers, les tarses deviennent si longs que l’animal a l’air d’être monté sur des échasses. Enfin, chez tous ces animaux, existe un mécanisme particulier qui, lorsqu'ils sont perchés sur des branches, fait servir le poids de leur corps à la flexion de leurs doigts, et leur fait, par conséquent, serrer dans leurs pattes le support qu'ils ont saisi. ,
Les plumes dont le corps des oiseaux est couvert les protègent contre le froid et l'humidité : ce sont aussi des instrumens puissans de locomotion. Elles sont formées par des organes quisécrètent une matière analogue à celle dont se composent les poils, et elles tombent, tantôt une fois, tantôt deux fois par an. Leurs couleurs varient extrêmement d’une espèce à une autre; dans le grand nombre, la femelle diffère du mâle par des teintes moins vives; et alors les petits ressemblent à la femelle : enfin, dans certaines espèces, le plumage d'hiver diffère par ses couleurs de celui de l'été.
Les grandes plumes raides qui sont implantées sur les membres antérieurs de ces oiseaux, donnent à ces organes une étendue très considérable, et en font des rames puissantes qui fendent l'air, et le frappent avec assez de force et de rapidité pour que le choc puisse lancer l'animal au-dessus du point frappé. Plus l'étendue des ailés est grande, plus les oiseaux ont de facilité pour se soutenir dans l'air et s’y mouvoir avec rapidité. Les plumes, qui sont les plus utiles pour le vol, sont celles qui sont fixées sur la main.
Les plumes de la queue servent aussi au vol, mais c’est d’une autre manière; l'oiseau s’en sert comme d’un gouYernail pour diriger sa course.