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2° Par le sens de Pouïe : il paraît que ces oiseaux de proie nocturnes ont ce sens supérieur à tous les autres oiseaux , et peut-être même à tous les animaux; car ils ont, toute proportion gardée, les conques des oreilles bien plus grandes qu'aucun des animaux : il y a aussi plus d'appareil et de mouvement dans cet organe qu'ils sont maîtres de fermer et d'ouvrir à volonté, ce qui n’est donné à aucun animal ;
3° Par le bec, dont la base n’est pas , comme dans les oiseaux de proie diurnes, couverte d’une peau lisse et nue, mais au contraire garnie de plumes tournées en devant. De plus, ils ont le bec court et mobile dans ses deux parties, comme le bec des perroquets; et c’est par la facilité de ces deux mouvemens qu'ils font si souvent craquer leur bec, et qu’ils peuvent aussi l’ouvrir assez pour prendre de très gros morceaux, que leur gosier, aussi ample, aussi large que l'ouverture de leur bec, leur permet d’avaler tout entiers;
k° Par les serres, dont ils ont un doigt antérieur mobile, et qu’ils peuvent à volonté retourner en arrière; ce qui leur donne plus de fermeté et de facilité qu'aux autres pour se tenir perchés sur un seul pied ;
5° Par leur vol, qui se fait en culbutant lorsqu'ils sortent de leur trou, et toujours de travers et sans aucun bruit, comme si le vent les emportait. Ce sont là les différences générales entre ces oiseaux de proie nocturnes et les oiseaux de proie diurnes; comme l'on voit, ils n’ont; pour ainsi dire, rien de semblable que leurs armes, rien de commun que leur appétit pour la chair et leur goût pour la rapine.