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qui l'habite, cèdent aux moindres influences du vent et sont bercés par un balancement presque continuel.
La construction de certains nids ressemble à une véritable maçonnerie faite de büchettes, de graviers ou de petites feuilles enduites d’un mastic, fait avec de la terre délayée par la salive de certains oiseaux ou simplement gàchée. Que de peine, que de voyages! qui n’admirerait une semblable industrie, surtout lorsque l’on pense que l'oiseau n’a pour exécuter ce travail qu'un seul instrument, qui doitenm me temps servir au transport des matériaux. Ces nids mastiqués ont ordinairement une forme ronde ou conique ; ils sont établis dans les angles des croisées, des cheminées, des murailles, et souvent dans les entablemens abrités par les rochers. Ils sont ou isolés, ou serrés les uns contre les autres; l’ouverture se trouve ménagée, soit sur le haut, soit sur l’un des côtés, et même quelquefois dans la partie inférieure. L'intérieur offre assez souvent plusieurs compartimens. Quelquefois une espèce de vestibule est séparée du véritable nid par une cloison, et c’est dans cet espace que le mâle se retire après avoir pourvu aux besoins de la couveuse. :
Un assez grand nombre d'oiseaux établissent leur nid immédiatement sur le sol , entre quelques mottes de terre, qui les garantissent de la submersion. Ces nids sont d’une construction beaucoup moins soignée : un duvet abondant, maintenu par des tiges flexibles et convenablement entrelacées , forme tout l'appareil de l’incubation. Il est des espèces qui se contentent d’arrondir une cavité dans la terre ou dans le sable pour y déposer à nu leurs œufs, qu'elles couvent assidument ou qu’elles abandonnent pendant le jour à la chaleur du soleil. Dans ce dernier cas, néanmoins, leur sollicitude les porte à recouvrir ces œufs d’une petite couche de sable, soit pour les soustraire aux regards des animaux qui en feraient leur nourriture, soit pour les protéger contre l’action trop vive des rayons solaires.
Je ne puis donner ici, comme je l’aurais desiré, une description complète de tous les nids curieux que les naturalistes ont observés, et je dois me borner à dire quelques mots de celles de ces ingénieuses constructions qui ont des titres particuliers à notre intérêt.
La Mésange à longue queue n'est guère plus grosse qu'un Roitelet ; son nid est fermé par le haut, bien serré partout ; il n’a qu’une ouverture circulaire uressée solidement, c’est la porte et la fenêtre du petit manoir. Mais comme le froid et quelques gouttes de pluie pourraient pénétrer par celte entrée, elle est garnie de rideaux assez serrés pour garantir de l'air et de la pluie, et assez transparens pour que la lumière ne soit pas interceptée; cesont de petites plu-
mes disposées tout autour de la porte, dirigées vers le centre, que l'oiseau force aisément , soit pour entrer, soit pour sortir, et que leur élasticité remet surle-champ en place.
L’extérieur de l'édifice à exigé l'emploi de deux sortes de matériaux, des herbes pour le tissu , et des mousses et des lichens pour le crépissage. Ces oiseaux se sont établis contre la tige d’un arbre ; appuyéssur une branche, ils trouvent le moyen d’attacher leur construction à l'écorce de l'arbre, de la revêtir des mêmes plantes parasites dont cette écorce est couverte, et d'en continuer ainsi l'apparence, de sorte qu'un spectateur inattentif ne puisse rien soupçonner, ét ne remarque point cette protubérance qui sera l'asile d’une vingtaine de jeunes Mésanges.
Une autre espèce de ce genre pousse encore plus loin les précautions de sûreté; comme elle fréquente les lieux aquatiques, elle suspend son nid à une branche flexible, pendante au-dessus des eaux; l'ouverture du nid est prolongée par un appendice ou tuyau, à travers lequel la couleuvre la plus leste ne pourrait essayer de s’introduire. Cette espèce de Mésange, que les Polonais nomment Aemiz, est extrêmement rare en France, quoique notre climat ne la repousse pas, car on la trouve en Italie, en Allemagne, dansle nord de l’Europe, et même en Sibérie.
L'intérieur du nid de la Mésange à longue queue est garni d’une profusion de plumes propres à conserver la chaleur des œufs et des petits, durant les absences forcées du père et de la mère. L'édifice terminé est ordinairement de huit pouces de hauteur, sur plus de quatre pouces de diamètre: c’est une œuvre immense pour deux oiseaux d'aussi petite taille; ils l’ont commencée au milieu des rigueurs et des privations de l'hiver, et, en travaillant avec opiniâtreté, ils n’ont fini que vers le milieu du printemps. La femelle y dépose quelquefois jusqu’à vingt-deux œufs, produit d’une pontelong-temps continuée, en sorte que l’incubation commence pour quelques œufs, beaucoup plus tôt que pour ceux qui sont venus les derniers. :
Les naissances suivent l’ordre de l’incubation; quelques petits sont en état de prendre l’essor, tandis que d’autres ne sont pas encore couverts de plumes. Il y a donc alors une surveillance à exercer, des soins à prodiguer au dehors et au-dedans; le père et la mère partagent entre eux ces pénibles fonctions. Enfin, toute la nombreuse famille quitte le manoir natal , et elle ne se disperse que pour former de nouvelles unions, et construire de nouveaux nids. C’est ainsi que le couple fondateur de cette petite colonie passe l’année entière au milieu de travaux assidus.