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DES OISEAUX GALLINACÉS

Les gallinacés ont le corps généralement gros et massif. Ces oiseaux forment une grande famille naturelle dont les pigeons seuls s’éloignent assez pour qu’on ait été indécis sur la place qu'ils doivent réellement occuper dans cette divzsion ornithologique.

Les oiseaux de cet ordre ont le bec court et convexe, à mandibule supérieure voûtée, courbée depuis sa base jusqu’à la pointe ; leurs narines sont recouvertes d’une membrane voütée, nue ou garnie de plumes ; leurs pieds ont les trois doigts de devant réunis par une courte membrane ; le doigt de derrière s’articule plus haut sur les tarses, au-dessus des articulations des doigts de devant. Quelquefois, ces oiseaux manquent de doigt postérieur; d’autres fois il est très

petit, et leurs trois doigts de devant sont très libres ou réunis.

Dans beaucoup d'espèces, principalement chez le mâle, on remarque à la partie postérieure du tarse, au-dessus du pouce, une saillie nommée eperon ou ergot, formée d’une épine osseuse, revêtue extérieurement de cornes, plus ou moins pointues, selon les espèces, et qui s’ailonge à mesure que l'animal vieillit ; les tarses sont courts ou de hauteur médiocre , les pieds propres à la course ; le pouce, lorsqu'il existe, est en général élevé de terre, ou n’y touche que par le bout. Les gallinacés'sont lourds, ont le corps très charnu et les ailes

courtes, ce qui, avec la faiblesse de leurs muscles pectoraux, rend leur vol assez difficile.

Tous les gallinacés sont pulvérisateurs ; c'est-à-dire que tous aiment à gratter la terre et à se vautrer dans la poussière ; ils se nourrissent généralement de graines, quelquefois d'insectes, et plusieurs espèces de baies et de bourgeons. Presque toujours leur nid est fait sans art, sur la terre, et le mâle ne prend aucune part à sa construction, non plus qu’à l’incubation des œufs, dont le nombre est souvent considérable ; aussitôt que les petits sont sortis de la coquille, ils marchent, mangent seuls, et abandonnent le nid pour suivre leur mère. Ils restent en famille jusqu’au printemps suivant, époque à laquelle ils se séparent; les pigeons seuls ont des mœurs différentes.

C’est à l'ordre des gallinacés qu’appartiennent la plupart de nos oiseaux de basse-cour ; aucun autre n'offre à l’homme plus de ressources pour ses besoins et ses jouissances. La chair de beaucoup de gallinacés est un mets sain et léger, qui restaure sans surcharger l'estomac ; leurs plumes servent à divers usages : on les applique à la parure et aux arts industriels.

Ces oiseaux sont presque tous originaires des contrées chaudes des deux continens. Quoiqu’ils n’aient pas de régime exclusif, ils vivent en général de graines, et, pour avaler la boisson qu’ils ont introduite dans leur bec, ils lèvent la tête en l'air.

Les sexes présentent de grandes différences dans leur plumage, du moins jusqu’à ce que les individus aient atteint un âge avancé, époque à laquelle les femelles se revêtent quelquefois du plumage des mâles qui est plus éclatant; ils diffèrent aussi par la taille qui, dans la plupart des espèces, est moins grande chez la femelle.

Il y a dans l’histoire des mœurs des oiseaux gallinacés, des particularités dignes de remarque, et qui pourtant ont échappé à l'attention de quelques écrivains naturalistes. Le plus ordinairement ces oiseaux vivent en polygamie ; les mâles sont moins nombreux que les femelles et ils en ont, en même temps, plusieurs qui les suivent, qu’ils protègent contre les attaques des autres animaux et qu'ils ne laissent point approcher par les mâles de leur espèce. Les femelles, comme il arrive toujours dans le cas de polygamie, pondent un nombre plus ou moins considérable d'œufs qu’elles couvent seules sans que les mâles partagent jamais les soins de l’incubation. Les gallinacés sont peu voyageurs, on n’en connaît qu'un petit nombre qui se livrent à des migrations d'outre-mer. Leur appareil du vol ne leur permettrait pas, en effet, de faire de longs trajets sans se reposer ; les ailes sont le p lus souvent courtes et obtuses,

et le sternum est remarquable par son peu de solidité. Les cailles, qui entreprennent chaque année de longues traversées , ne les exécutent qu’en se faisant supporter par le vent, et sans le procédé ingénieux qu’elles mettent en usage, il leur serait véritablement impossible de réussir à voler long-temps. Les gangas et les hétéroclites voyagent au contraire presque constamment ; aussi leurs ailes sont-elles allongées et plus aiguës; chez eux la première rémige est la plus longue, et leurs muscles pectoraux ont un grand développement.

Les gallinacés n’habitent pasindifféremment telle ou telle contrée du globe. La poule et le dindon qui se trouvent maintenant presque par toute la terre, y ont été portés par l’homme, mais on ne les y rencontrait pas naturellement; il y a des oiseaux de cet ordre qui habitent une circonscription territoriale dont ils ne semblent pas s'éloigner : c’est ainsi que les coqs sauvages et les faisans sont de l’Asie, ainsi que les Lophophores, les paons, etc. ; les dindons, les hoccos, les colins, les tinamous, sont d'Amérique, et les pintades du nord de l'Afrique. Quelques petits genres, tels que les caïlles, les colins, les lagopèdes, sont de l’ancien monde ; quelques autres se trouvent dans les deux Amériques; mais il n’en est qu'un très petit nombre qui soient véritablement de l’ancien continent en même temps que du nouveau.

La taille des oiseaux de cet ordre présente des variations considérables : elle est tantôt élevée, comme chez les paons, les dindons, etc.; d’autres fois elle est fort réduite , Comme chez les colins, les caïlles, etc. ; mais le plus souvent elle est moyenne, et ne s'éloigne pas de celle des perdrix, des gangas, des tinantous , etc.

Le plumage n’est pas moins varié, et souvent il.emprunte des ornemens qui ne le cèdent en rien au brillant métallique et aux reflets chatoyans des plus beaux passereaux. Les paons et les éperonniers ont la queue émaillée d’ocelles métalliques que les mots ne peignent qu’infidèlement. D’autres, moins riches, moins resplendissans dans leurs couleurs, offrent cependant des mélanges fort gracieux de rouge, de violet, de noir, etc.; ce sont les perdrix, les colins, etc. ; ou bien ils sont caractérisés, comme les hoccos , les pauxis et quelques autres, par une teinte uniforme, mais toujours remarquable par sa netteté, si elle ne l’est par sa vivacité, comme cela se remarque chez le dindon ou le hocco.

On a partagé l’ordre des gallinacés en plusieurs genres dont les principaux

sont : les pigeons, les dindons , les paons, les alectors, les faisans , les pintades et les tetras.

isa AE

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