DIAGNOSTIC. PRONOSTIC ET TRAITEMENT
Le diagnostic d’opacité cornéenne congénitale s’impose à première vue. Ce qui est délicat et certainement difficile c’est de rapporter celte malformation à sa véritable cause.
La recherche des antécédents tant personnels aêhé: réditaires devra être faite très soigneusement, et chaque fois qu’on le pourra il faudra utiliser les méthodes biologiques. Ici ce sera surtout la réaction de Bordet Wassermann.
On se rappellera l’action favorisante de toute maladie et particulièrement de toute infection sur le déve- Joppement de lésions syphilitiques et en particulier pour l’éclosion de la kératite parenchymateuse, Dans notre observation I la mère de notre malade a eu une rougeole au troisième mois de la gestation, il semble difficile d'attribuer les opacités cornéennes de son nou- : veau-né à cette légère infection. Mais celle-ci n’a-t-elle pu avoir une action favorisante sur une infection Syphilitique atténuée qui paraît indiquée par le Was- sermann positif du père ?
Un diagnostic hésitant au début pourra se confirmer par l’évolution ultérieure de ces opacités.
Une irido-choroïdite typique ou associée à d’autres malformations se diagnostiquera également par l’examen direct. Mais ici aussi il importera de rechercher la cause de cette maladie, car le traitement en dépendra et
le pronostic pourra se modifier suivant le facteurnisen |,
cause.
Affirmer qu’une opacité s’éclaircira, serait peut-être téméraire. L'événement est très possible : il doit même être la règle en cas de kératite interstitielle, Il est des exemples cependant où il n’y eut aucune modi- . fication.
Le début peut se produire au bout de quelques semaines ou quelques mois, plus souvent vers la fin de la première année.
La guérison n’est pas toujours totale, fréquemment il reste un voile, ou même une légère opacité centrale.
Tandis que la cornée s’éclaircit, il peut se produire quelquefois une légère distension et production d’un
kératoglobe,
L’iridochoroïdite en évolution à la naissance peut regresser ; plus souvent les lésions sont arrêtées. Ce que l’on doit éviter c’est l’éclosion d’une nouvelle poussée inflammatoire et l’évolution Br omAeure seconduire.
On pourra peut-être arriver à ce résultat par le traitement. Celui-ci pourra être curalif, mais il sera avant tout préventif. .
La grande infection à dépister c’est la syphilis, même quand les recherches cliniques ou biologiques n’aurozt pas abouti et qu’une autre infection ne pourra être soupçonnée. Il faudra malgré tout entrevoir la possibilité d’une syphilis atténuée el IMERIS et entreprendre un traitement de sûreté.
Le traitement aura pour but de faire régresser les lésions en évolution, ou tout au moins, de les arrêter et de prévenir les complications possibles immédiates ou tardives, telles que la microphtalmie ou l’hydrophtalmie. D’autre part le traitement est indiqué par
l’état général du malade qui imprégné par le virus se développe mal et reste toujours susceptible de faire ailleurs une nouvelle localisation.
Deux cas peuvent se poser : l'enfant est nourri par sa mère ou élevé au biberon.
Dans le premier, le traitement sera suivi par la mère, sous forme de pipüûres intra-musculaires d’un sel soluble de mercure, ou sous forme d’injections intraveineuses de cyanure ; localement on pourra appliquer un peu de pommade à l’oxyde j jaune d’ ‘hydrargyre su! les yeux de l'enfant. |
Dans le second cas on fera absorber directement à l'enfant soit de la liqueur de Van Swieten, soit du lactate d’hydrargyre que l’on mélangera au lait du bibe- ONE. "ES
On pourra envisager également un traitement arsenical mais avec toute la prudence que comporte le jeune âge et la fragilité du malade.