‹ Key to Alternative extracts for composition in FrenchChapitre 53 sur 105 · INDÉCISION DE LOUIS XVI · texte numérisé non relu

INDÉCISION DE LOUIS XVI

Ce fut en vain que Malouet écrivit ^ à Louis pour le supplierde quitter Paris. La lettre fut remise au roi chez sa femme, ^ et en présence de Madame Elisabeth ; Louis la lut avec " une émotion et une anxiété inexprimables." " De qui vient cette lettre ? " demanda la reine. — " De Malouei. Je ne vous la inontre pas, parce qu'elle vous agiterait. Il nous est (tout) dévoué, mais il y a de l'exagération dans ses craintes et peu de sûreté dans les moyens qu'il propose pour nous secourir.* Nous verrons ; rien ne m'oblige encore à risquer un jeu dangereux. L'affaire de Varennes (nous) a été une leçon." Quelques heures plus tard, sur les ^ deux heures du matin, un gentilhomme de la suite de Madame Elisabeth vint sur son ordre à la recherche de Malouet. " La reine et moi, disait-elle, nous ignorons ce que M. Malouet a écrit au roi, mais celui-ci est si tourmenté, si agité, que nous désirons connaître le contenu de^ la lettre." Malouet envoya à la

^ Malouet eut beau écrire. ^ conjurer.

* dans la chambre (rappartement) de sa femme.

* dans les moyens de secours qu'il nous propose. ^ vers.

* savoir ce que contenait.

52 KKV 1() Al.l I.KNAI 1\ i: lA I K Al IS

princesse un rcsume" de sa leure. Après l'avoir lu' elle

dit au porteur de la missive : "lia raison : je suis de son

avis. . . . Mais il faut attendre ; Dieu sait ce ijui en arrivera."

" une minute. . . lue.

KPI.SOD1-: DE L'AN' 1792 — l

A la tombée de la nuit,^ toutes les dames cjui avaient accompagne leurs parents en furent séparées, et furent mises dans la salle des femmes ; le lendemain matin elles demandèrent instamment à retourner ^ auprès d'eux; mais on aftirma ^ à mademoiselle de Fausse Lendry que son oncle n'était pas en danger,-* et on leur dit bientôt après que tous I eux qui restaient étaient graciés.-^ Il y avait là à ])eu près vingt-deux dames, (pii reçurent l'ordre'^ de quitter la prison, mai.s les deux premières qui sortirent furent égorgées' aussitôt, et la sentinelle cria aux autres : " C'est un piège, rentrez, ne vous montrez \)as." Elles battirent en retraite, mais Marie de Sombreuil s'était frayé un chemin jusqu' à son père, et quand il fut appelé (à descendre) dans la cour, elle l'accompagna. Elle l'entourait ^ de ses bras," en suppliant*" les meurtriers d'avoir pitié de ses cheveux blancs. " Vous ne le frapperez, dit-elie, qu'en me pas.sant sur le corps."

' A la chute du jour. - «lu'on li-s laissât rclDunicr.

' on assura. * ne c^iurait aucun danger.

* avaient leur pardon. * nue l'on sunima. ' massacrées. " 1 entoura.

* Kllc se pendit à son cou. ' ' en conjurant.

ÉPISODE Di; E'.W 1792 -2

Un de ces misérables, touche de son couragi-,' cri.i a ia jeune fille qu'on la laisserait passer si elle consentait à- boire ' sa fermeté. ' si elle voulait.

à la santé de la nation. La cour entière nageait dans le sang, et le verre qu'il lui tendit était rempli de quelque chose de rouge. Maîtrisant un frisson, Marie but,^ et, les oreilles pleines des applaudissements de ces assassins, elle franchit avec son père le seuil de cette porte fatale, pour jouir du i)eu de liberté et de sûreté que Paris offrait alors.* Elle ne put jamais revoir ^ un verre de vin rouge sans frissonner, et elle passait pour avoir ^ réellement avalé un verre de sang. Elle affirma toujours, cependant, que c'était là une exagération, et que ce n'était qu'avant d'y goûter qu'elle avait eu l'impression qu'on lui offrait un breuvage aussi horrible.

^ -Marie ne voulut pas frémir (frissonner). Elle but.

■* pour goûter ce que Paris offrait alors de liberté et de sûreté.

^ A partir de ce jour, elle ne put jamais voir.

* et c'était une croyance répandue, qu'elle avait.

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