DES ROMANS
Qu'est-ce donc qui fascinait à tel point ce jeune étudiant, arrêté ^ au bord de la rivière ? Ce n'était pas le Pont aux ânes. Quel était le livre qui le charmait tant, et le rendait aveugle à toute autre chose en ce monde, au point qu'il ne se souciait guère de la marchande aux quatre saisons et de ses pommes, ni (tentation plus forte encore pour des fils d'Eve) des jolies filles aux joues fraîches qui riaient et jasaient ^ autour de la fontaine ? Quel était ce livre ? Croyez-vous que ce fût Tite-Live, ou la grammaire grecque ? Non pas ; c'était un Roman que tu lisais, grand paresseux à la mise peu soignée, grand propre à rien ! Et tu avais bien raison ! C'était d'Artagnan enfermant le général Monk dans une caisse, ou parvenant presque à sauver la tête de Charles I. C'était le prisonnier du château d'If coupant son sac à cinquante pieds sous l'eau (je cite les romans que j'aime le mieux moi-même, des romans sans amour ni discours, ni bêtises de ce genre, mais remplis de combats, d'évasions, de brigandage et de sauvetages) — coupant son sac, dis-je, et gagnant à la nage l'île de Monte Cristo. O Dumas ! O vieil
^ debout. " bavardaient.
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Alexandre, si brave, si généreux, si clievaleresque ! Je te rends ici hommage, et te rends grâces de tant d'heures enchantées. Je t'ai lu, étant alité, pendant treize heures d'une heureuse journée, et j'avais les dames de la maison qui s'arrachaient ^ les volumes.
* se disputaient.