LE JKUNE HOMME TIMIDE
Le jeune homme se mit à table avec une appréhension visible, et se tournant brusquement pour écouter une remarque de son bavard de voisin, fit tomber son petit pain. II n'y a\ait là rien de bien désastreu.x, et sil avait eu la présence d'esprit de ne pas y toucher, et de n'en rien dire, personne que le garçon i\u\ avait mis le couvert n'en aurait rien su, mais notre jeune homme, au cours de diverses tentatives plus ou moins heureuses pour l'empêcher de tomber, jongla un peu avec, comme on peut voir dans la rue des messieurs le faire avec leurchapeaii par un jour de grand vent, et enfin, donnant au petit pain un coup assez brusque^ dans son empressement à le rattraper, l'envoya avec beaucoup d'adresse- dans une soupe au lait non loin de Ih, à l'indicible terreur et à la grande confusion d'un aimable monsieur chauve qui était en train de la servir. Notre timide jeune homme parut sur le point d'avoir un coup de sang, tellement son visage s'empourpra à la suite de'' cette catastrophe.
• une bonne lape. * avec une adresse consommée. • en présence de.
DE L'IMl'AKTIALriÉ DANS L'ÉTUDL DES LANGUES
C'est une erreur commune chez les gens sans culture, comme chez ceux d'une culture profonde, mais étroite, de se
figurer qu'eux seuls savent parler, et que tous les autres ne sont que des bredouilleurs, des " barbares," parleurs inintelligents parce qu'ils leur sont inintelligibles. Nous ne risquons pas de tomber dans cette erreur, mais nous risquons cependant de faire trop grand cas des caractères propres à notre langue, et de méconnaître ceux des langues étrangères. Ici, rien de plus difficile qu'une complète impartialité ; il faut, pour juger et comparer les mérites de sa propre langue et d'une autre, une connaissance approfondie de tous les détails de la question, une certaine facultié d'analyse et de comparaison, et une absence de préjugés tant nationaux qu'individuels, dont seuls sont capables des esprits exceptionnellement doués, exceptionnellement disciplinés. De grands savants même sont sujets ici à de grandes erreurs. On rencontre d'éminents philologues de langue anglaise qui considèrent les procédés analytiques de l'anglais comme le seul mode d'expression raisonnable ou "logique," et qui dédaignent la synthèse grecque comme la marque d'une individualité grossière et encore peu développée ; on en rencontre bien d'autres, sans doute, de diverses nationalités, qui méconnaissent les ressources de l'anglais, et à qui il répugne de mettre au premier rang i une langue qui a tant perdu ou rejeté de sa structure
première.
^ d'assigner une des premières places à.